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28/02/2015

"BEETHOVEN" PAR MAX KLINGER

En Autriche, la Sécession viennoise, constituée en 1897 en réaction contre les compromissions de la Maison des artistes, s'inscrit en rupture avec la tradition académique. La XIVe exposition du groupe de la Sécession s'ouvre le 15 avril 1902 à Vienne avec une volonté unificatrice qui "reprend la recherche de la "synthèse" entreprise par les pionniers de l'Art Nouveau."

 


L'idée directrice : créer un temple de l'Art. La "Frise Beethoven" de Gustav Klimt occupe une place majeure dans cette exposition. Ainsi s'explique le choix de "Beethoven" sculpté par Max Klinger qui commence ce travail considérable en 1886 et l'achève en mars 1902.

 

 

"Pourquoi Klinger plus précisément, dont le symbolisme lourd, l'iconographie insistante, l'exécution massive peuvent paraître aux antipodes du travail raffiné des Viennois... ?"

Le sculpteur allemand, par ses vues théoriques, répond aux deux principes importants de l'Art Nouveau : la valeur d'un art qui prend en considération la totalité de l'espace et le nécessaire travail spécifique de matériaux différenciés pour parvenir au style. "Le Beethoven en donne l'exemple par ses pierres et marbres précieux et soigneusement choisis [...]
L'image même du Beethoven, dans sa nudité héroïque, poing serré, regard sur l'au-delà, résume alors l'intention de l'ensemble : héros, martyr et rédempteur de l'Humanité, selon l'interprétation élaborée notamment par Wagner et par Nietzche..."

Sur les trois faces du trône en bronze, une imagerie symbolique oppose monde antique et monde chrétien : la Crucifixion, la naissance de Vénus... Autour de ce "joyau flamboyant" est construit un temple de l'Art dont Hoffmann conçoit l'architecture intérieure.

 

(Bibliographie : Klimt : Beethoven par Jean-Claude Bouillon. Éditions d'Art Albert Skira S.A., Genève, 1986).
 

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                           "Beethoven" (1902) par Max Klinger.

20/02/2015

"PETITES MISERES D'HIVER" DE J. LAFORGUE

"Petites Misères d'hiver

Vers les libellules
D'un crêpe si blanc des baisers
Qui frémissent de se poser,
Venus de si loin, sur leurs bouts cicatrisés,
Ces seins, déjà fondants, ondulent
D'un air somnambule...

Et cet air enlise
Dans le défoncé des divans
Rembourrés d'eiders dissolvants
Le Cygne du Saint-Graal, qui rame en avant !
Mais plus pâle qu'une banquise
Qu'Avril dépayse...

Puis, ça vous réclame,
Avec des moues d'enfant goulu,
Du romanesque à l'absolu,
Mille Pôles plus loin que tout ce qu'on a lu !...
Laissez, laissez le Cygne, ô Femme !
Qu'il glisse, qu'il rame,

Oh ! que, d'une haleine,
Il monte, séchant vos crachats,
Au Saint-Graal des blancs pachas,
Et n'en revienne qu'avec un plan de rachat
Pour sa petite sœur humaine
Qui fait tant de peine..."

(Jules Laforgue)

 

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                            "Léda et le Cygne" (1531) par le Corrège.

13/02/2015

"LE CODZ-POOP", MONUMENT MAYA

Nous voici au Mexique, au nord du Yucatán, pas loin d'Uxmal, une ville construite vers 600-950 qui reste un bel exemple de l'architecture maya de style Puuc, un style caractérisé par des édifices souvent surmontés d'une frise comportant de nombreux ornements, par des sculptures abondantes et des mosaïques géométriques en pierre.

 


Approchons de Kabáh ("la main qui cisèle") afin de découvrir un monument fascinant : le Codz-poop ("la natte enroulée"), dédié à Chac, le dieu de la Pluie, car dans le patrimoine culturel maya la pluie, le Soleil, la Lune, Vénus, le ciel et les enfers, les jours, le jaguar, les papillons sont des objets de culte liés à une divinité.

 

"Mais la vénération dont faisaient l'objet les astres ou la succession des jours n'excluait pas une analyse scientifique de la révolution des planètes, du rythme du temps, du cycle solaire, du calcul des éclipses ou de l'année vénusienne, des solstices et des équinoxes."

 

 

Le Codz-poop
"se dresse, avec d'autres constructions, sur une grande plate-forme artificielle, et son faîte est orné de grecques. La façade, scandée par cinq ouvertures pratiquées à intervalles réguliers, est décorée de masques à trompe de Chac sculptés en fort relief et disposés en longues files horizontales et verticales. Aucun autre centre du Puuc, excepté Chichén Itzá, avec la maison des Moines, ne possède une décoration aussi dense et aussi répétitive."

 

 
(Bibliographie : Yucatán, terre maya (Les Passeports de l'Art. Texte : M. Sartor. Traduction et adaptation : Ph. Parroy. Éditions Atlas, Paris, 1987).  


 

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    "Codz-poop" ("la natte enroulée"), Kabáh, Yucatán, Mexique.
             http://www.bluffton.edu/~sullivanm/mexico/kabah/kabah.html           

06/02/2015

HECTOR GUIMARD ET L'ART NOUVEAU

Hector Germain Guimard (1867-1942), architecte et décorateur français,  disciple d'Eugène Viollet-le-Duc, architecte et théoricien, fut un admirateur du baron Victor Horta, architecte belge pionnier de l'Art nouveau. Hector Guimard créa les fameuses entrées de métro de Paris aux ornementations en fonte sur une armature de fer s'inspirant d'arabesques végétales.

 



Ce génie inventif à l'esprit libre conçut la maison Coilliot à Lille (1898-1900) dont la façade étroite est remarquable par son asymétrie et l'utilisation de matériaux diversifiés. 

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      La maison Coilliot à Lille (1898-1900) conçue par Hector Guimard.