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23/06/2016

"LA CREATION D'ADAM" PAR MICHEL-ANGE

C'est l'une des dernières scènes peintes par Michel-Ange sur la voûte de la Chapelle Sixtine, dans la Cité du Vatican.

 


Dieu, sous l'apparence d'un robuste vieillard à la barbe blanche, soutenu par un groupe d'anges, dans le tourbillon d'une immense cape, s'apprête à insuffler la vie au premier Homme de la Création. Il tend son index vers la main d'un adolescent nu, athlétique, qui mollement se soulève sur un coude pour naître à l'existence.

 


Dans cet espace dépouillé, le regard se porte sur ce mouvement, mis en pleine lumière, d'une énergie dominatrice chez le Créateur qui attire inexorablement à sa rencontre la main hésitante de la première créature humaine. Sous le regard imposant et magnétique du Dieu qui ordonne, l'adolescent semble s'animer lentement...

 


La recherche de l'excellence hante Michel-Ange toute sa vie et l'un de ses contemporains, Giorgio Vasari, dessinateur, peintre, architecte, collectionneur et écrivain d'art, note : "... je sais que peu avant sa mort, il brûla de sa propre main d'innombrables esquisses, dessins et cartons pour que nul n'apprenne les efforts accomplis et les difficultés que son talent avait affrontées, et pour que jamais on ne le vit autrement que parfait."

 

(Bibliographie : Michel-Ange par Eugène Müntz. Sirrocco, Londres. UK édition française, 2006).


 

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                         La Création d'Adam (1510-1511) par Michel-Ange.

 

16/06/2016

"L'ILE D'AMOUR" OU "LA FETE A RAMBOUILLET" DE FRAGONARD

Jamais, dans l'œuvre de Jean Honoré Fragonard, la verdure n'a envahi autant d'espace : arbres touffus, bosquets que des chutes d'eau éclaboussent joyeusement, allées coiffées de portiques verdoyants et compacts, où règne une ombre propice au marivaudage de couples minuscules. Personnages, barques, terrasse sont engloutis dans cette verdure dense, dévorante au point de créer un malaise.

 


Voici ce qu'écrit le critique d'art et poète Florian Rodari :
"La nature respire, engloutit, bouillonne comme un corps organique ; végétale ou aquatique, elle se couvre de floraisons subites et nacrées, présence à la fois féminine et impersonnelle, grave et indifférente au passage du temps, complice et vorace. Aussi, dans cet immense parc tout palpitant des forces essentielles de la vie, le temps des hommes apparaît-il résumé à une fragile écume, laquelle, à peine éclose à la surface du monde, est emportée dans le ruissellement universel."

 

(Bibliographie : Fragonard, l'instant désiré par Florian Rodari. Éditions Herscher, Paris, 1994).


 

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               L'Île d'amour ou La Fête à Rambouillet (vers 1775)

                                de Jean Honoré Fragonard.

 

09/06/2016

"LA MAISON DU PENDU" DE CEZANNE

Paul Cézanne ne donna pas lui-même le titre de La Maison du pendu (1873) à sa toile. On ne sut jamais qui s'était pendu dans cette triste demeure d'Auvers-sur-Oise.

 


Malgré le ciel bleu, la richesse des nuances automnales, la maison reste macabre à cause de son isolement, des fenêtres obscures, de la porte close. Aucune vie humaine ou animale aux alentours.

 


Paul Cézanne utilisa le couteau à palette pour recouvrir chaque pouce de sa toile d'épaisses couches de peinture opaque qui lui donnèrent son aspect rugueux.

 


La Maison du pendu est admirable par son originalité d'expression, par la mélancolie, je dirais même le désespoir, qui s'étend sur les toits, les murs, les arbres.

 


Cette morosité n'empêcha pas que ce tableau de Cézanne fut l'un des rares à être exposé du vivant du peintre et acheté à la Première Exposition impressionniste, en 1874, par le comte Doria. Il connut encore plusieurs acquéreurs.

 

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La Maison du pendu de Paul Cézanne.

 

03/06/2016

"LA VIE ANTERIEURE" DE BAUDELAIRE

 "La Vie antérieure

 


J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir."

(Baudelaire).

 

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                                  Énée à Délos (1672) de Claude Lorrain