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03/05/2019

"PROSERPINE AUX ENFERS" PAR ROSSETTI

Une toile de Dante Gabriel Rossetti, un des fondateurs du mouvement préraphaélite, représente la déesse de la germination des plantes, devenue reine des enfers : Proserpine aux Enfers.

 


La tristesse de cette magnifique créature, son regard perdu dans une contemplation intérieure désespérée, tragique, un renoncement aux joies de la Terre, aux richesses de la Nature, que l'on peut lire sur son visage si fin où le nez un peu long et les lèvres charnues apportent un charme surprenant, voire inquiétant, et sa sensualité vénéneuse retiennent l'attention.

 



C'est une femme d'une beauté fascinante qui posa pour Rossetti et qui en fut l'idole exclusive : Jane Morris Burden, l'épouse du peintre William Morris.

 


Ce tableau recrée le mythe de Proserpine, fille de la déesse des moissons, qui après avoir été enlevée par Pluton, le dieu souverain des Morts, et transportée dans son royaume sous terre, fut enfermée dans une chambre. Un sonnet affiché tout en haut de la toile apporte un élément littéraire à cette pièce inquiétante où un miroir, à l'arrière-plan, semble éclairer le visage et le cou de la jeune femme. Elle vient de mordre dans un fruit, une grenade laissée là à son intention. Elle ignore qu'en goûtant un aliment appartenant au monde souterrain, elle s'unit au royaume de Pluton.

 


"... les plis du vêtement de la déesse s'organisent en une grande arabesque liée à la ligne du cou et au mouvement du bras, et une maléfique vapeur d'encens, ou d'opium, sort de la cassolette..."

 

(Bibliographie : Art Nouveau. Textes de Jean-Paul Bouillon (Éditions d'Art Albert Skira, Genève, 1994).


 

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                           Proserpine aux Enfers (1873-1877)

                                   par Dante Gabriel Rossetti.

18/04/2019

"L'APOTHEOSE D'HOMERE" PAR INGRES

L'Apothéose d'Homère (1827) symbolise idéalement l'harmonie entre les Arts et les Lettres.

 


Grand Prix de Rome en 1801, Ingres reste dix-huit ans en Italie. De retour en France, il ouvre son atelier en 1824 et devient le chef de l'école classique face au romantisme.

 


Au centre de l'Apothéose d'Homère, l'auteur légendaire, divinisé, vêtu d'une tunique blanche, est assis, tenant le bâton qui ne le quitte jamais car le poète épique était aveugle, dit-on. L'Univers, représenté par une jeune femme ailée, tient une couronne de laurier au-dessus de la tête de l'illustre conteur entouré de personnages antiques et modernes lui offrant des symboles de la création artistique et littéraire. Voici rassemblés Hérodote, Sophocle, Socrate, Platon, Raphaël, Poussin, Michel-Ange, Shakespeare, Boileau, Corneille, Racine et, à droite du tableau, Molière qui se tourne vers nous.

 

Assises sur les marches où siège le poète déifié, deux allégories représentent l'Iliade et l'Odyssée. À l'arrière-plan, un temple apporte un ton plus sombre à cette toile où dominent les couleurs rouges, bleues, vertes, blanches ou jaunes des tunique.

 



Autour de la Méditerranée et de la Mer Égée, sept cités se disaient la patrie d'Homère. Le poète épique aurait vécu au IXe siècle avant J.-C., mais l'Iliade daterait du VIIIe siècle et l'Odyssée du VIIe siècle avant  J.-C. Homère a-t-il réellement existé ou bien serait-il un mythe ? Un mythe qui inspira de nombreux peintres et sculpteurs...

 

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                        L'Apothéose d'Homère (1827) par Ingres.

19/10/2017

"ALLEGORIE DE LA FORTUNE AILEE" PAR A. PREVITALI

Les créatures fantastiques ont souvent inspiré les peintres. Parmi elles, les Harpies, monstres mythiques à tête de femme et corps d'oiseau rapace, sont la figure allégorique de l'Avarice. Divinités grecques, filles de Thaumas et d'Électre, les Harpies étaient trois sœurs représentées comme des femmes ailées, méchantes, pourvues de serres.


Dans ce tableau d'Andrea Previtali, la Harpie a les yeux couverts d'un bandeau et tient un pichet dans chacune de ses mains, allégorie de la Fortune changeante.

(Bibliographie : La Nature et ses symboles par Lucia Impelluso. Mondadori Electa, Milan, 2003).

 

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                 "Allégorie de la Fortune ailée" (vers 1490) par Andrea Previtali.

                                                                           

28/09/2017

OEDIPE ET LE SPHINX PAR GUSTAVE MOREAU

Le Sphinx est souvent représenté par un lion, parfois ailé, avec une tête et un buste de femme. Il fut envoyé au peuple de Thèbes par la déesse Héra pour punir les Thébains d'un amour coupable de leur roi, Laïos. Le monstre, perché sur un rocher aux portes de la ville, posait des énigmes aux voyageurs qui, incapables de lui répondre, étaient dévorés sur-le-champ.


Œdipe, fils de Laïos et de Jocaste, pour que soit démentie la prédiction d'un oracle révélant qu'il tuerait son père et épouserait sa mère, quitta un temps sa patrie mais il ne pourra échapper à son destin.


Revenu à Thèbes, il dut répondre à cette question du Sphinx : "Quel est l'animal qui a quatre pattes le matin, deux à midi et trois le soir ?" Œdipe dit qu'il s'agissait de l'homme, de sa naissance à sa vieillesse. Le Sphinx se tua.


 

Œdipe inspira Sophocle, Aristote, Sénèque, Dryden, Corneille, Voltaire, Gide, Cocteau et Robbe-Grillet. La scène mythologique du Shinx questionnant Œdipe fut représentée par Gustave Moreau ("Œdipe et le Sphinx", 1864 ; "Œdipe voyageur", 1888...).

 

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                     "Œdipe et le Sphinx" (1864) par Gustave Moreau. 

16/02/2017

"CERES" PAR JAN BRUEGEL DE VELOURS

 

Mutine, Cérès me rappelle que je lui ai dédié, outre une présentation trop brève dans "la dynastie Bruegel, peintres flamands", un article consacré à sa seule déité. Le voici :

 

Cérès, la déesse romaine des Moissons, de la Terre, de l'Agriculture et de la Civilisation (assimilée à la déesse grecque Déméter), inspira Jan Bruegel, dit Bruegel de Velours, peintre flamand, qui la représenta capiteuse, généreuse, portant une coupe de fruits très colorés.


Dans les cheveux de Cérès, coquelicots et autres jolies fleurs des champs voisinent avec des épis. Bruegel l'a peinte richement parée de bijoux. Le regard de la déesse est attentif, probablement attiré par ceux qui vont recevoir son offrande. Je ne serais pas surprise de la voir esquisser un sourire.



Bruegel de Velours réalisa avec une finesse de miniaturiste des scènes mythologiques ou d'allégories et des tableaux de fleurs. Il exécuta aussi des fonds de paysages pour Rubens.

  

(Écrit par Améthyste)

 

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                                Cérès par Bruegel de Velours.