Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/04/2016

"VERS DORES" DE NERVAL

   "Vers dorés 

Homme, libre penseur ! te crois-tu seul pensant
Dans ce monde où la vie éclate en toute chose ?
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l'univers est absent.

Respecte dans la bête un esprit agissant :
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose ;
"Tout est sensible !" Et tout sur ton être est puissant.

Crains, dans le mur aveugle, un regard qui t'épie ;
À la matière même un verbe est attaché...
Ne la fais pas servir à quelque usage impie !

Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;
Et comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !"

(Gérard de Nerval).

 

vers dorés,nerval,poème

 

                                              Reptiles de Maurits Cornelis Escher.

 

19:09 Publié dans Poèmes | Tags : vers dorés, nerval, poème | Lien permanent | Commentaires (0)

22/04/2016

"L'OEIL DU SILENCE" DE MAX ERNST

Max Ernst, un peintre allemand, naturalisé américain, puis français, nous séduit par une mythologie n'appartenant qu'à lui. La dimension cosmique de son œuvre est attirante. Il peint souvent la nature, la forêt, l'oiseau, la lune. Il est secret et taquin. Son autobiographie ne porte-t-elle pas le sous-titre : "Tissu de vérité et tissu de mensonges" ?

 


Max Ernst poursuit des études de lettres à l'université de Bonn et s'intéresse à l'histoire de l'art, à la psychologie, à la psychiatrie.

 


Le tableau L'Œil du silence, réalisé en 1943-1944, attire et effraye à la fois par ses volumes inquiétants dominant une femme, dans un coin... minuscule.

 

l'oeil du silence,max ernst,peintre,nature,dimension cosmique

 

                         L'Œil du silence (1943-1944) de Max Ernst. 

 

14/04/2016

"FATA ALASKA" DE WOLFGANG PAALEN

Lorsque l'on regarde Fata Alaska (Fée Alaska, 1937) de Wolfgang Paalen, un peintre surréaliste autrichien, on voit des cathédrales de glace émergeant d'un tapis immaculé qui recouvre un marécage où un enchevêtrement de plantes et d'algues rampe.


Solennels, les blocs effilés se dressent bien haut, loin de la fange verdâtre. Majestueuses, pures, les cathédrales se découpent dans un ciel aux nombreuses nuances. La Fée Alaska, qui veille sur les Esquimaux mais aussi sur le peuple des Tlingits, Indiens établis principalement sur les îles de la Reine-Charlotte au Canada, fée invisible dans cette toile, semble pourtant laisser son empreinte bien au-dessus du marécage.

 

Wolfgang Paalen a-t-il voulu représenter le rêve idéal s'élevant loin des instincts de l'inconscient ?


 

fata alaska,wolfgang paalen,surréalisme,cathédrales de glace,fée alaska,esquimaux,tlingits

                      Fata Alaska (1937) de Wolfgang Paalen.

08/04/2016

"BEAMS" DE VERLAINE

                   "Beams

Elle voulut aller sur les flots de la mer,
Et comme un vent bénin soufflait une embellie,
Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie,
Et nous voilà marchant par le chemin amer.

Le soleil luisait haut dans le ciel calme et lisse,
Et dans ses cheveux blonds c'étaient des rayons d'or,
Si bien que nous suivions son pas plus calme encor
Que le déroulement des vagues, ô délice !

Des oiseaux blancs volaient alentour mollement,
Et des voiles au loin s'inclinaient toutes blanches.
Parfois de grands varechs filaient en longues branches,
Nos pieds glissaient d'un pur et large mouvement.

Elle se retourna, doucement inquiète
De ne nous croire pas pleinement rassurés;
Mais nous voyant joyeux d'être ses préférés,
Elle reprit sa route et portait haut la tête."

(Verlaine)

 

beams,verlaine,poème


                                     Vénus marine (1838) de Théodore Chassériau.

10:18 Publié dans Poèmes | Tags : beams, verlaine, poème | Lien permanent | Commentaires (0)

01/04/2016

"LE PONT" DE GUSTAVE COURBET

Gustave Courbet, parfois, recherchait le scandale. Peut-être l'attirait-il parce qu'il restait énigmatique sur sa vision de l'esthétique quand il concevait une œuvre provocante.

 


Mais lorsqu'il réalisa "le Pont", où fusionnent harmonieusement la beauté sauvage de la Nature, avec ses cascades, ses eaux translucides dont il nous semble percevoir les bruissants bouillonnements, sa végétation frémissante,  ses zones d'ombre, de mystère, et l'ouvrage construit par l'homme, le pont qu'un personnage et sa monture franchissent paisiblement, pont massif et pourtant en accord avec ce site enchanteur, le peintre sut unir réalisme et idéalisme.

 


Gustave Courbet démontrait, là,  que réel et idéal peuvent être inséparables chez l'artiste. Peut-être son explication était-elle autre...


 le pont,courbet,peinture,cascades,réalisme,idéalisme


"Le Pont" (vers 1864) de Gustave Courbet.