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26/08/2016

"L'ENNEMI" PAR BAUDELAIRE

"L'Ennemi

Ma  jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf  les terres inondées
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

- Ô douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !"

(Charles Baudelaire).

 

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              Les Adieux de Pouchkine à la mer (1877) par Repine et Aïvazovski.

 

09:41 Publié dans Poèmes | Tags : l'ennemi, baudelaire, poème | Lien permanent | Commentaires (0)

18/08/2016

"MONUMENT A LA MEMOIRE DE GOETHE" PAR CARUS

Hommage d'un peintre à un écrivain, le Monument à la mémoire de Goethe par Carl Gustav Carus.

 


Carl Gustav Carus, peintre allemand, avait des connaissances multidisciplinaires : il étudia la physique, la chimie, la botanique et fut médecin. Dès vingt-deux ans, il dessina des rochers, des plantes, des paysages, et exposa, cinq ans plus tard, quatre tableaux à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde.

 


Ami de Caspar David Friedrich, il l'accompagna dans plusieurs de ses voyages, notamment en Italie.

 



Carus expliquait au sujet de l'art du paysage : "... ce qu'il faut, c'est apprendre à voir de ses propres yeux, à intérioriser l'organisation de la nature, une organisation qui existe toujours, même sous l'apparence du chaos !"

 


Il réalisa, entre autres, une huile sur toile : Monument à la mémoire de Goethe où, au premier plan, un sépulcre porte deux anges agenouillés de part et d'autre d'une lyre. Le monument se détache sur un décor de brouillard, de rochers et de nuages, la lune est voilée, la nuit s'apprête à recouvrir ce paysage, gardien de la communion intime des Arts et de la Littérature.

 


Goethe écrivait : "C'est un grand mérite pour un ouvrage d'art d'être indépendant et complet en soi."

(Bibliographie : L'Aventure de l'Art au XIXe siècle sous la direction de Jean-Louis Ferrier avec la collaboration de Sophie Monneret, Éditions du Chêne, 1991).

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                   Monument à la mémoire de Goethe par Carl Gustav Carus.

 

11/08/2016

"VEGETATION TROPICALE" DE PAUL GAUGUIN

Paul Gauguin, lors d'un séjour en Martinique, a peint une vingtaine de toiles et exécuté de nombreux croquis sur le vif. Végétation tropicale (1887) est un paysage pur où l'on ne perçoit aucune vie à l'exception d'un coq à crête rouge.

 



À l'horizon, des monts bleutés, le volcan de la Montagne Pelée, bordent la baie de Saint-Pierre d'un bleu profond, presque violet, ton froid contrastant avec les fleurs, fourrés, arbres, toute une luxuriante végétation aux diverses nuances de verts où des taches rousses se glissent. La terre, d'un rouge orangé, apporte sa couleur chaude. Ce paysage si calme est Morne Orange, promontoire qui domine la ville de Saint-Pierre.

 


Gauguin écrit qu'il est enthousiasmé par sa vie en Martinique, pourtant la misère et la maladie sont le lot de sa vie quotidienne. Il regagne la France et s'installe de nouveau en Bretagne, à Pont-Aven.

 

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                        Végétation tropicale (1887) de Paul Gauguin.

 

04/08/2016

"L'ORAGE" DE GIORGIONE

Giorgione s'intéresse très tôt aux paysages, révélant ainsi son goût pour les couleurs denses et la lumière.

 


Fin érudit, empreint des cultures latine et grecque, sensible à l'humanisme de la Renaissance, il se passionne pour les sujets où l'Homme et la Nature tiennent la première place. Pour lui, la nature n'est pas un simple décor, mais elle est en union intime avec les êtres.

 

 

Il conçoit un étrange tableau : L'Orage ou La Tempête (1510). "La technique du glacis qu'il a mise au point donne une luminosité et une transparence nouvelles à sa peinture."

 


Une jeune femme nue, assise sur un rocher couvert d'herbe, une courte étoffe jetée sur ses épaules, tient son enfant dans ses bras. Debout, un soldat médite, indifférent à l'orage qui éclate au fond, sur la ville, au-delà d'un pont enjambant la rivière. Un éclair trace un sillon dans les nuées sombres. La Nature est le véritable sujet du tableau, les personnages semblent étrangement posés au premier plan, calmes, insensibles à l'ouragan proche.

 

 

"Giorgione s'est libéré des influences diverses pour atteindre la plénitude et la maturité de son chef-d'œuvre."

 

 

(Bibliographie : La Petite Encyclopédie de l'Art, ouvrage réalisé sous la direction de Brigitte Covignon. Éditions du Regard, 1995).

 

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                         L'Orage ou La Tempête par Giorgione.

28/07/2016

"LE JEUNE BERGER" DE J.-B. GREUZE

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), peintre français, étudie son art à Lyon, puis à Paris. Agréé à trente ans par l'Académie pour une œuvre d'inspiration populaire et moralisante, il s'insurgera, quatorze ans plus tard, contre cette même Académie qui le reçoit comme peintre de genre alors qu'il souhaitait l'être en tant que peintre d'Histoire.

 


À la Révolution, il se rallie à Louis David, dont les conceptions sont très différentes des siennes mais qui, comme lui, désire élever l'âme du spectateur.

 


"Il eut de très bonne heure conscience de ses dons exceptionnels d'habileté et d'imagination et, entraîné par un orgueil farouche, sut, en résistant à toutes les sollicitations, ne pas conformer son art aux modes du temps. Ses thèmes se devaient d'être originaux, leur exécution serait, à son gré, rapide ou lente, les techniques mélangées, l'unité des genres brisée et le contenu émotionnel de son œuvre s'étendrait sur une gamme allant du timide enfantin au démoniaque. Greuze releva allègrement le défi que des maîtres qu'il vénérait - Van Dyck, Rembrandt, Rubens, Poussin - lui lançaient et sembla décidé à les rejoindre plutôt qu'à se prélasser parmi ses contemporains."

 

 
(Bibliographie : Jean-Baptiste Greuze, 1725-1805 par Edgar Munhall (Sélection et Catalogue). Traduction par Évelyne Mornat. Exposition organisée par le Wadsworth Atheneum, Hartford, 1977). 



Le Jeune Berger, un enfant aux yeux rêveurs, un garçonnet au regard de poète, pense à sa bergère avant de souffler sur un akène de pissenlit, interrogeant ainsi le sort pour savoir si la petite fille dont il est amoureux l'aime en retour. À son bras, un panier déborde de fleurs.

 

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Le Jeune Berger par Jean-Baptiste Greuze.