14/09/2012
"LA CATHEDRALE DE SALISBURY..." DE CONSTABLE
"La Cathédrale de Salisbury vue des prairies" de John Constable
La tempête s'éloigne dans un ciel empli de nuages allant du blanc le plus pur au gris bleuté. Un arc-en-ciel enjambe la Cathédrale de Salisbury et les prairies proches.
Pendant que les arbres redressent péniblement leurs frondaisons encore lourdes de l'orage récent, une charrette tirée par des chevaux traverse la rivière. Personnages et animaux ne s'occupent pas du peintre. Ils sont là, ils avancent péniblement sous un ciel métamorphosé.
John Constable, peintre anglais du XIXe siècle et chantre du paysage rural, semble avoir découvert les enchantements mouvants du ciel et des nuages.
(Écrit par Améthyste)

"La Cathédrale de Salisbury vue des prairies" par John Constable (1831)
(Collection privée. National Gallery, London).
15:02 Publié dans Peinture | Tags : john constable, peintre, la cathédrale de salisbury vue des prairies, paysage rural, arc-en-ciel, ciels, tempête | Lien permanent | Commentaires (2)
"LE BATEAU IVRE" DE RIMBAUD
"Le Bateau ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteurs de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées, d'enfants,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohu plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots !
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !
Plus douce qu'aux enfants, la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et de vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants ; je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !..."
(Extrait du Bateau ivre d'Arthur Rimbaud).

"Tourmente de neige en mer" de William Turner.
14:40 Publié dans Poèmes | Tags : le bateau ivre, rimbaud, poème | Lien permanent | Commentaires (4)

