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18/10/2014

LA SCIENCE, LA SCULPTURE ET LA DANSE REUNIES...

Marie et Pierre Curie reçurent une bien étrange lettre de la "fée de la lumière", la danseuse américaine Loïe Fuller, vedette des Folies-Bergère. Ayant lu dans les journaux que le radium était lumineux, elle imagina un costume phosphorescent qui enchanterait le public. Sa naïve missive amusa les deux savants. Marie Curie répondit à Loïe que son projet "d'ailes de papillon au radium" était chimérique.

 


Cette danseuse, acclamée chaque soir par de nombreux spectateurs, pour remercier Marie d'avoir consacré quelques instants de son temps si précieux à lui expliquer ce qu'était le radium, lui écrivit : "Je n'ai qu'un moyen de vous remercier de m'avoir répondu. Laissez-moi danser un soir chez vous, pour vous deux."

 


Marie et Pierre Curie acceptèrent. Le jour choisi pour ce spectacle, Loïe Fuller, suivie d'une troupe d'électriciens chargés de matériel, sonna à la porte de leur sévère pavillon. Épouvantés, les époux laissèrent la place aux envahisseurs et s'enfuirent se réfugier dans leur laboratoire. "Et, pendant des heures, Loïe peina, régla des éclairages, mania les rideaux et les tapis qu'elle avait fait venir, afin de reconstituer dans l'étroite salle à manger des deux professeurs son ravissant spectacle."

 


Ce soir-là, chez les deux scientifiques éblouis, les projecteurs caressèrent les voiles flottants d'une déesse du music-hall, "qui se fera tour à tour flamme, fleur, oiseau, sorcière..." Elle revint danser, toujours dans le même incognito, chez Marie et Pierre Curie qui lui rendirent ses visites et rencontrèrent chez elle le sculpteur Auguste Rodin.

 

 

Au cours de ces années, dans l'atelier de sculpture où bavardaient parfois les deux savants, la danseuse et Rodin, se tinrent des propos particulièrement éclectiques.

 

(Bibliographie : Madame Curie par Ève Curie. Éditions Gallimard, 1938).


 

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                                 Loïe Fuller sur scène (1902).

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         "La Loïe Fuller aux Folies-Bergère" (vers 1895) par Toulouse-Lautrec.

 

22/08/2012

LES METHODES EDUCATIVES DE MARIE CURIE

Marie Curie, travailleuse acharnée, trouve barbare d'enfermer les élèves dans des classes mal aérées à l'âge du mouvement et de la course. Sa fille aînée, Irène, la future Mme Joliot-Curie, vient d'obtenir son certificat d'études et Marie souhaite qu'elle étudie très peu et très bien. Elle consulte ses amis, professeurs à la Sorbonne comme elle.

 


C'est ainsi que, pendant deux ans, vivra "une sorte de coopérative d'enseignement où de grands esprits appliqueront des méthodes de culture nouvelles à leurs enfants réunis.

 



Une ère s'ouvre, d'excitation et d'amusement intense, pour une dizaine de marmots, garçons et filles, qui vont chaque jour écouter une seule leçon, donnée par un maître d'élite. Un matin, ils envahissent le laboratoire de la Sorbonne où Jean Perrin leur apprend la chimie. Le lendemain, le petit bataillon se transporte à Fontenay-aux-Roses : séance de mathématiques par Paul Langevin. Mmes Perrin et Chavannes, le sculpteur Magrou, le professeur Mouton, enseignent la littérature, l'histoire, les langues vivantes, les sciences naturelles, le modelage, le dessin. Enfin, dans un local désaffecté de l'École de Physique, Marie Curie consacre le jeudi après-midi au cours de physique le plus élémentaire que ces murs aient jamais entendu.

 



Ses disciples - dont certains sont de futurs savants - garderont un souvenir ébloui de ses leçons passionnantes, de sa familiarité, de sa gentillesse. [...] Marie leur transmet son amour de la science et son goût de l'effort. [...]

 


À l'affût des moindres gestes de Mme Curie, les journaux de l'époque raillent gaiement l'intrusion - bien discrète et soigneusement surveillée - des fils et filles de savants dans les laboratoires.

 

 

"Ce petit monde qui sait à peine lire et écrire, dit un échotier, a toute licence de faire des manipulations, de construire des appareils et d'essayer des réactions... La Sorbonne et l'immeuble de la rue Cuvier n'ont pas encore sauté, mais tout espoir n'est pas perdu !"

(Bibliographie : Madame Curie par Ève Curie. Éditions Gallimard, 1938).

  

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                                           Marie Curie.