Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/03/2013

"CHANTS D'AUTOMNE - LE MARAIS" DE CHRISTIAN JOUGLA

 

Après le Manuscrit, je voudrais vous parler aujourd'hui, chers Visiteurs, d'une autre nouvelle du dernier livre de Christian Jougla, Chants d'automne (éditions La Clef d'Argent). Voici donc une brève présentation du Marais :

 

À Soubergan, "hameau niché au fond des garrigues", dans l'arrière-pays héraultais, se terre un ermite centenaire, le Mage de la Grange Haute, détenteur des "plus noirs secrets des collines" et doté d'une inquiétante "puissance divinatoire". 

 

Du fond de l'isolement engendré par son "ténébreux prestige", il orchestrera, peut-être, le parcours initiatique de trois adolescents téméraires envoûtés par "la sombre légende du marais". 

 

Christian Jougla, l'auteur de Mandorgues et de l'Abîme, compose, dans le style littéraire enrichi de rythmes narratifs évocateurs qui lui est propre, avec le Marais, une nouvelle où le côté mystérieux, occulte, de la vie de la Nature et de l'Homme côtoie le réel, parfois féerique, empreint de la nostalgie des vertes années. Un texte étrange et fascinant.

 

(Présenté par Améthyste).

 

 

jougla_chants.jpg

 

CHANTS D'AUTOMNE de CHRISTIAN JOUGLA

Édition La Clef d'Argent (Collection KholekTh)

Couverture : Château de Clermont-l'Hérault

(Photographie : Fagairolles 34)

 

    

Commentaires

Monsieur Jougla,

En lisant, entre Noël et Nouvel-An, dans ce récit des Chants d’Automne, les mots « lorsque la chouette chante la grand-messe des ténèbres et que vos souvenirs deviennent plus lourds que le plomb », je pensais : n’est-ce pas là, comme je le fis une nuit alors que je recherchais en vain le sommeil, le moment propice pour savourer pleinement cette histoire que l’on n’a de cesse de lire jusqu’à ce que l’on en connaisse le dénouement ?

Même si, en moi, la raison l’emporte le plus souvent sur l’irrationnel, je ressentais pourtant cette bizarre impression de nourrir, comme les trois adolescents héros de ce conte fantastique, cette étrange obsession qui les attire vers ce marais et ses « larges étendues de joncs dans des eaux croupissantes, des terres glauques imbibées comme des éponges, des mares mystérieuses où d’inexplicables bulles crèvent de temps à autre la surface. »

Pénétreront-ils au plus profond de cet univers de « roseaux à massettes », de « bouquets de saules rabougris sur les bords, (...) d’arbres isolés, malades, couverts de mousses comme de lèpre » ?
Pénétreront-ils au plus profond de ce marais dont pourtant ils connaissent tous les dangers : « sables mouvants dont on ne revient pas, maladies, fièvres, insectes inconnus, essaims géants, nuées de moustiques ; et les vieux, nos aïeux qui ne s’éloignaient guère de l’âtre, d’ajouter en clignant leurs yeux presque éteints : - Jadis des rats monstrueux peuplaient ces lieux sans compter le reste. » ?
Y pénétreront-ils, envoûtés par le vieux Tiphaine qui habite loin du village, à la Grange Haute où personne n’entre jamais... ?

Le vieux Tiphaine : « Cet homme, à ce qui se disait, possédait bien des talents, surtout ceux de la malfaisance. Quelque pacte le lierait avec les forces obscures et bien des choses interdites à l’homme n’auraient pas de secrets pour lui. Était-il sorcier ? mage ? nécromant ? (...) il savait les philtres, les talismans, les amulettes et les « vénéfices » (...) Au fil du temps, il était devenu peu à peu le solitaire de la Grange Haute, le réprouvé, le banni. (...) Le thaumaturge, grand maître des arcanes et des savoirs immémoriaux mais qui avait perdu toute humanité. »

Envoûtés par le vieux Tiphaine, téméraires, inconscients ?, partiront-ils vivre leur rêve et s’enfonceront-ils profondément, au péril de leur vie, après avoir déjà compris, ainsi que l’un d’eux le pense, que « ces lieux embellis par nos délirantes imaginations symbolisaient la survivance, les reliques d’âges enfuis ou agonisants, âges de superstitions et de vieilles peurs appelées à longues litanies du coin du feu. Fées aux apparences de sorcières, magiciennes noires, habitants merveilleux du fond des nuits sollicités par nos anciens et apparaissant sur leur manche à balai, chaussés de bottes de sept lieues, entouré de loups et d’épouvante. » ?

Etrange obsession nourrie par ces trois adolescents ébauchant « des théories fumeuses sur ces régions inconnues : l’un évoquait l’Atlantide et une héroïne là-bas... » Une héroïne ? La découvriront-ils ?

Le mystère plane - jusqu’à la dernière page - et tient le lecteur en haleine, grâce à votre brio incomparable, Monsieur Jougla qui déjà, à la lecture du « Manuscrit », m’avait tant impressionné. Au risque de me répéter : Monsieur Jougla, vous appartenez aux gens de plume talentueux et la vôtre est d’or !

Écrit par : Jean-Claude | 04/03/2013

Merci, cher Jean-Claude, pour votre magnifique commentaire dont j'informe Christian Jougla dès que possible.

J'admire l'élégance de vos phrases où les citations s'insèrent à merveille, tant elles paraissent écrites pour cheminer de compagnie, pour soulever ensemble toutes ces interrogations pesant autour de l'initiation de ces trois adolescents. J'ai voulu, moi aussi, découvrir avec eux, ces sombres mystères et, peut-être, les protéger. Mais nous savons qu'ils doivent accomplir cette recherche sans notre secours. Alors, nous nous contentons de les suivre de loin en partageant leurs effrois...

Écrit par : Améthyste | 09/03/2013

Monsieur Vincent,

Vous avez réussi à pénétrer les mystères de ce "Marais" caché dans les profondeurs des imaginations adolescentes, et vous avez compris également que les deux vieillards qui se saluent sans échanger un mot préfigurent l'angoisse et l'attente de la mort.

Néanmoins, le dernier survivant de la folle équipée dans les lointains redoutés du Marais se souvient avec émotion, grâce à ce vent d'été qui souffle depuis cette région paludéenne, qu'il a vécu alors le point culminant de son existence. Tout le reste, c'est-à-dire le restant de sa vie, est devenu à ses yeux sans importance. Il a aimé, ce jour-là, pour la première et la dernière fois.

De cette façon, et en toute modestie, le vent du marais ravive les souvenirs du vieil homme comme le parfum des madeleines chez Marcel Proust.

Monsieur Vincent, je vous remercie infiniment pour votre commentaire.
Très amicalement.
Christian Jougla.

Écrit par : Christian JOUGLA | 13/03/2013

Merci, Monsieur Jougla, pour ces considérations qui me permettent de mieux appréhender encore les secrets les plus profonds de cette histoire, à la lueur, ainsi qu'une madeleine de Proust, d'un fil rouge d'une vie d'homme...

Écrit par : Jean-Claude | 17/03/2013

Merci, Jean-Claude, pour votre commentaire. Je le transmets dès que possible à Christian Jougla.

Je suis heureuse que sa précédente réponse vous ait permis de conforter ce que votre sensibilité, à l'origine, avait perçu.

Écrit par : Améthyste | 27/03/2013

Monsieur Vincent,

La plupart des nouvelles qui composent "Chants d'automne" bénéficient d'une influence littéraire, historique (M. Jacques Belot) ou anecdotique (souvenirs de jeunesse). A vous de les découvrir, de les deviner, peut-être de les aimer.

Je suis très heureux que "Chants d'automne" sollicite chez vous autant d'approfondissement que de lecture.

Très amicalement.

Écrit par : Christian JOUGLA | 30/03/2013

Les commentaires sont fermés.