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06/04/2017

ARTHUR RIMBAUD

Arthur Rimbaud (1854-1891)


Adolescent, il étonne ses maîtres par son intelligence brillante, ses dons remarquables pour l'étude, sa virtuosité en vers latins. Les poèmes qu'il compose dès l'âge de seize ans : Le Bal des pendus, Le Bateau ivre, révèlent un génie d'une étonnante précocité. 


À dix-sept ans, il rencontre Verlaine à Paris. Ils ont une liaison tumultueuse et insultent les écrivains dans les cafés parisiens. Deux ans plus tard, "Verlaine, ivre, blesse Rimbaud au bras d'un coup de pistolet parce qu'il ne veut plus partager avec lui son errance." Rimbaud écrit Une saison en enfer, Les Illuminations, puis renonce à la littérature à dix-neuf ans. 


"En 1878, c'est l'appel du Sud. Voilà Rimbaud le vagabond chef de chantier à Chypre. Puis, en 1880, après une attaque de typhoïde, commerçant en Éthiopie, à Aden... Tour à tour trafiquant d'armes, exportateur de café, photographe, explorateur... L'enfant impertinent est devenu un homme austère, au visage émacié, au regard profond marqué par ses échecs successifs. [...] Ses Illuminations ont été publiées à son insu, en 1886, grâce à Verlaine."


"L'homme aux semelles de vent", comme l'appelait Verlaine, atteint d'une tumeur au genou, subit une amputation et meurt, à trente-sept ans, après une longue et douloureuse agonie.

 

(Bibliographie : Arthur Rimbaud, Poésies. Grands textes classiques - L. Mangavelle, 1993).

 

(Écrit par Améthyste) 

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                                              Portrait d'Arthur Rimbaud par Carjat.

30/03/2017

"LENDEMAIN" PAR CHARLES CROS

 "Lendemain

 


Avec les fleurs, avec les femmes,
Avec l'absinthe, avec le feu,
On peut se divertir un peu,
Jouer son rôle en quelque drame.

 


L'absinthe bue un soir d'hiver
Éclaire en vert l'âme enfumée,
Et les fleurs, sur la bien-aimée
Embaument devant le feu clair.

 


Puis les baisers perdent leurs charmes,
Ayant duré quelques saisons.
Les réciproques trahisons
Font qu'on se quitte un jour, sans larmes.

 

On brûle lettres et bouquets
Et le feu se met à l'alcôve,
Et, si la triste vie est sauve,
Restent l'absinthe et ses hoquets.

 

Les portraits sont mangés des flammes :
Les doigts crispés sont tremblotants...
On meurt d'avoir dormi longtemps
Avec les fleurs, avec les femmes."

 

(Charles Cros).

 

(Présenté par Améthyste)

 

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                                                 "Le Buveur" par Paul Cézanne

25/10/2014

STEFAN ZWEIG, UN HUMANISTE PASSIONNE

Stefan Zweig (1881-1942), écrivain autrichien, auteur dramatique, auteur de romans, de nouvelles et d'essais, poète, biographe, ami de Rainer Maria Rilke, de Freud et des grands pacifistes européens, explora l'enfer des sentiments troubles, des pulsions dévastatrices.

 


Il est une œuvre à laquelle Zweig consacra une multitude d'heures passionnées : sa collection de manuscrits d'écrivains et de musiciens célèbres, le "diamant pur" de sa bibliographie. "Il s'acharne à trouver les plus belles traces d'un travail de composition, traque la genèse de l'ouvrage, son lent accouchement, à travers les manuscrits originaux ou leurs brouillons. Écartant l'anecdotique, le superficiel, il devient chasseur de sens. Lui importe, sur la feuille blanche où une main d'artiste a écrit son message, la recherche de la forme, l'effort visible pour parvenir à la perfection. Il aime les manuscrits qui sont des moments étoilés où s'éclaire, dans sa spontanéité, sa joie ou sa souffrance, l'élan de la création. [...] Sa préférence va aux fragments, aux brouillons, aux esquisses, aux pages les plus corrigées, les plus tourmentées, celles qui portent la trace d'un combat avec les mots et les idées." 

 



Les musées lui envient sa bibliothèque de quatre mille catalogues ! "... ses trésors, amoureusement rassemblés, forment un tout, une sorte de Recherche des Riches Heures de l'Art." Voici quelques raretés figurant dans cette collection :


"une page des Cahiers de Léonard de Vinci ; le manuscrit des Origines de la tragédie de Nietzsche, dans une rédaction inconnue qu'il avait écrite pour Cosima Wagner ; un roman de Balzac "dont chaque page était un champ de bataille" ; un texte de Goethe à neuf ans, son dernier poème à quatre-vingt-deux ans et, magistrale, prise entre ce début et cette fin, une page in folio du Faust. Côté musique, le manuscrit des Chants tziganes de Brahms, de la Barcarolle de Chopin..."

 

 

La collection de Stefan Zweig sera dispersée et en partie détruite.

 

(Bibliographie : Stefan Zweig, l'ami blessé par Dominique Bona. Plon, 1996).


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                              "Faust" par Eugène Delacroix.

23/11/2013

POUCHKINE

Aleksandr Serguelevitch POUCHKINE (1799-1837).



Cet écrivain russe, qui reste fidèle à l'image de l'inspiration offerte par la tradition classique, est un fonctionnaire impérial sanctionné pour ses idées libérales. Lors de ses exils il connaît les périodes les plus fécondes de son activité poétique.

 

C'est en exil qu'il écrit le Prisonnier du Caucase et la Fontaine de Backhtchissaraï. Récidiviste, en résidence surveillée durant deux ans, il travaille à ses deux chefs-d'œuvre, le drame Boris Godounov et le roman en vers Eugène Onéguine.


"... la manière favorite de Pouchkine consiste à raconter. De la ballade au roman, en passant par la tragédie et la nouvelle en prose ou en vers, son œuvre se compose presque uniquement de récits [...] Un des thèmes les plus constants de la poésie de Pouchkine est le thème du remords ; il reflète le caractère double de la vie que mène le poète. À l'heure où le don du dieu le transfigure, le souvenir revient de ces moments de souillure, de tout ce temps perdu à des folies, à des sottises, à des vanités. Mais cette ombre terrible qui se lève est à son tour liée par la magie du rythme, et il semble parfois que jamais la Muse n'a abandonné son serviteur." (Jean-Louis Backès).

 

Plusieurs projets de mariage de Pouchkine échouent : il n'est pas un bon parti. Sa fortune est médiocre, sa position ambiguë. Il doit vivre de sa plume malgré la faveur, toujours révocable, de son souverain. Il épouse tout de même la jeune Natalia Gontcharova et continue à écrire des nouvelles et des contes en prose : le Cavalier de bronze, la Dame de pique, la Fille du capitaine. Il est tué en duel à trente-huit ans.


Pouchkine, par ses œuvres où se mêlent lyrisme et réalisme, est le fondateur de la littérature russe moderne.

 

(Bibliographie : Pouchkine par Jean-Louis Backès. Éditions du Seuil, 1966).

 

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 "Portrait d'Alexandre Pouchkine" (1827) par Vassili Tropinine.


03/08/2013

LORD BYRON, GENIE FATAL ET SOUFFRANT

George Gordon, Lord Byron (1788-1824).

Ce poète anglais, qui se disait destiné à ne jamais être heureux, fut un enfant farouche et passionné. Affligé d'une boiterie singulière, car une de ses chevilles cédait sous le poids de son corps, il était révolté, susceptible, orgueilleux, provocant et violent. Des études d'histoire et de latin devinrent pour lui "un refuge de paix et de plaisir".

 

Son Pèlerinage de Childe Harold (1812) lui apporta la célébrité. Poète adulé, il mena une vie fastueuse et parfois scandaleuse. Son mal de vivre s'exprima dans les poèmes de héros rebelles : le Giaour, le Corsaire, le Prisonnier de Chillon, Manfred, Don Juan... Il écrivit aussi des drames et des contes en vers.



Le riche Lord Byron se joignit aux insurgés grecs se battant pour leur indépendance. "On galopait dans la campagne tous les matins, Byron dans son uniforme et portant son casque homérique." L'anecdote suivante démontre son goût pour la provocation : dans un monastère près de Samos, Byron s'étendit tranquillement dans le plus profond des "sarcophages qui ornaient le cloître et, au grand effroi des assistants, il récita la tirade où Hamlet médite en contemplant le crâne de Yorrick..."



Lord Byron, le fils du désespoir selon Chateaubriand, mourut à trente-six à Missolonghi, en Grèce.

 

(Bibliographie : Lord Byron, la Malédiction du génie par Gilbert Martineau. Éditions Tallandier, 1984).

 

(Écrit par Améthyste)

 

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                     Lord Byron en tenue albanaise par Thomas Phillips.