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25/10/2014

STEFAN ZWEIG, UN HUMANISTE PASSIONNE

Stefan Zweig (1881-1942), écrivain autrichien, auteur dramatique, auteur de romans, de nouvelles et d'essais, poète, biographe, ami de Rainer Maria Rilke, de Freud et des grands pacifistes européens, explora l'enfer des sentiments troubles, des pulsions dévastatrices.

 


Il est une œuvre à laquelle Zweig consacra une multitude d'heures passionnées : sa collection de manuscrits d'écrivains et de musiciens célèbres, le "diamant pur" de sa bibliographie. "Il s'acharne à trouver les plus belles traces d'un travail de composition, traque la genèse de l'ouvrage, son lent accouchement, à travers les manuscrits originaux ou leurs brouillons. Écartant l'anecdotique, le superficiel, il devient chasseur de sens. Lui importe, sur la feuille blanche où une main d'artiste a écrit son message, la recherche de la forme, l'effort visible pour parvenir à la perfection. Il aime les manuscrits qui sont des moments étoilés où s'éclaire, dans sa spontanéité, sa joie ou sa souffrance, l'élan de la création. [...] Sa préférence va aux fragments, aux brouillons, aux esquisses, aux pages les plus corrigées, les plus tourmentées, celles qui portent la trace d'un combat avec les mots et les idées." 

 



Les musées lui envient sa bibliothèque de quatre mille catalogues ! "... ses trésors, amoureusement rassemblés, forment un tout, une sorte de Recherche des Riches Heures de l'Art." Voici quelques raretés figurant dans cette collection :


"une page des Cahiers de Léonard de Vinci ; le manuscrit des Origines de la tragédie de Nietzsche, dans une rédaction inconnue qu'il avait écrite pour Cosima Wagner ; un roman de Balzac "dont chaque page était un champ de bataille" ; un texte de Goethe à neuf ans, son dernier poème à quatre-vingt-deux ans et, magistrale, prise entre ce début et cette fin, une page in folio du Faust. Côté musique, le manuscrit des Chants tziganes de Brahms, de la Barcarolle de Chopin..."

 

 

La collection de Stefan Zweig sera dispersée et en partie détruite.

 

(Bibliographie : Stefan Zweig, l'ami blessé par Dominique Bona. Plon, 1996).


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                              "Faust" par Eugène Delacroix.

23/11/2013

POUCHKINE

Aleksandr Serguelevitch POUCHKINE (1799-1837).



Cet écrivain russe, qui reste fidèle à l'image de l'inspiration offerte par la tradition classique, est un fonctionnaire impérial sanctionné pour ses idées libérales. Lors de ses exils il connaît les périodes les plus fécondes de son activité poétique.

 

C'est en exil qu'il écrit le Prisonnier du Caucase et la Fontaine de Backhtchissaraï. Récidiviste, en résidence surveillée durant deux ans, il travaille à ses deux chefs-d'œuvre, le drame Boris Godounov et le roman en vers Eugène Onéguine.


"... la manière favorite de Pouchkine consiste à raconter. De la ballade au roman, en passant par la tragédie et la nouvelle en prose ou en vers, son œuvre se compose presque uniquement de récits [...] Un des thèmes les plus constants de la poésie de Pouchkine est le thème du remords ; il reflète le caractère double de la vie que mène le poète. À l'heure où le don du dieu le transfigure, le souvenir revient de ces moments de souillure, de tout ce temps perdu à des folies, à des sottises, à des vanités. Mais cette ombre terrible qui se lève est à son tour liée par la magie du rythme, et il semble parfois que jamais la Muse n'a abandonné son serviteur." (Jean-Louis Backès).

 

Plusieurs projets de mariage de Pouchkine échouent : il n'est pas un bon parti. Sa fortune est médiocre, sa position ambiguë. Il doit vivre de sa plume malgré la faveur, toujours révocable, de son souverain. Il épouse tout de même la jeune Natalia Gontcharova et continue à écrire des nouvelles et des contes en prose : le Cavalier de bronze, la Dame de pique, la Fille du capitaine. Il est tué en duel à trente-huit ans.


Pouchkine, par ses œuvres où se mêlent lyrisme et réalisme, est le fondateur de la littérature russe moderne.

 

(Bibliographie : Pouchkine par Jean-Louis Backès. Éditions du Seuil, 1966).

 

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 "Portrait d'Alexandre Pouchkine" (1827) par Vassili Tropinine.


03/08/2013

LORD BYRON, GENIE FATAL ET SOUFFRANT

George Gordon, Lord Byron (1788-1824).

Ce poète anglais, qui se disait destiné à ne jamais être heureux, fut un enfant farouche et passionné. Affligé d'une boiterie singulière, car une de ses chevilles cédait sous le poids de son corps, il était révolté, susceptible, orgueilleux, provocant et violent. Des études d'histoire et de latin devinrent pour lui "un refuge de paix et de plaisir".

 

Son Pèlerinage de Childe Harold (1812) lui apporta la célébrité. Poète adulé, il mena une vie fastueuse et parfois scandaleuse. Son mal de vivre s'exprima dans les poèmes de héros rebelles : le Giaour, le Corsaire, le Prisonnier de Chillon, Manfred, Don Juan... Il écrivit aussi des drames et des contes en vers.



Le riche Lord Byron se joignit aux insurgés grecs se battant pour leur indépendance. "On galopait dans la campagne tous les matins, Byron dans son uniforme et portant son casque homérique." L'anecdote suivante démontre son goût pour la provocation : dans un monastère près de Samos, Byron s'étendit tranquillement dans le plus profond des "sarcophages qui ornaient le cloître et, au grand effroi des assistants, il récita la tirade où Hamlet médite en contemplant le crâne de Yorrick..."



Lord Byron, le fils du désespoir selon Chateaubriand, mourut à trente-six à Missolonghi, en Grèce.

 

(Bibliographie : Lord Byron, la Malédiction du génie par Gilbert Martineau. Éditions Tallandier, 1984).

 

(Écrit par Améthyste)

 

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                     Lord Byron en tenue albanaise par Thomas Phillips.

27/07/2013

JULES LAFORGUE, UN CREATEUR DU VERS LIBRE

Jules Laforgue (1860-1887), poète français, est né à Montevideo (Uruguay). Il connaît quelques années de vache enragée pendant lesquelles il tente de survivre en vendant ses poèmes et ses dessins à des revues. À vingt ans, il trouve un poste de lecteur en Allemagne, auprès de l'impératrice Augusta à Berlin. Il occupe cette fonction pendant cinq ans.

 


Il publie deux recueils : les Complaintes (1885) et l'Imitation de Notre-Dame de la Lune (1886). De retour à Paris, une période de vie misérable l'attend à nouveau. Il meurt de la tuberculose à vingt-sept ans. Sa veuve, Leah Lee, une jeune Anglaise, meurt un an plus tard, au même âge, emportée elle aussi par la tuberculose.

 


Les amis de Jules Laforgue publient, à titre posthume, ses contes en prose : Moralités légendaires (1887) puis le recueil : Derniers Vers (1890). 

 


Jules Laforgue est un des créateurs du vers libre. Obsédé par la mort, adepte du dandysme, il écrit dans un style précieux et impressionniste.

 

(Écrit par Améthyste)



 

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Portrait de Jules Laforgue.

13/07/2013

PAUL VERLAINE

Paul Verlaine (1844-1896)

 

Verlaine, brillant élève, après le baccalauréat, s'inscrit à l'École de Droit. Il lit Baudelaire, Banville, Hugo, Glatigny et Catulle Mendès. Il abandonne rapidement ses études pour fréquenter les cafés où l'on parle de poésie et les salons littéraires auxquels participent Mendès, Coppée, Anatole France, Villiers de l'Isle, Heredia, Valade... Il collabore au Parnasse contemporain. 

 

 

Déjà sous l'emprise de l'alcool, il cherche à vaincre ses démons par la poésie. Les Poèmes saturniens (1866) révèlent un poète authentique. Ses fiançailles et son mariage, en 1870, avec Mathilde Mauté de Fleurville lui inspirent les Fêtes galantes et la Bonne Chanson, où éclatent ses talents d'écrivain véritable.


Un an plus tard, Arthur Rimbaud fait irruption dans la vie du jeune couple. Verlaine et Rimbaud s'enfuient. Verlaine tire sur son ami qui veut le quitter et le blesse. Il purge deux ans de prison pendant lesquels son génie poétique s'épanouit. Verlaine enseigne un temps, enlève un de ses élèves. Il a de nouveau sombré dans l'alcool et terminera sa vie, dans une misère totale, entre garnis et hôpitaux. Celui qui a été élu, à la mort de Leconte de Lisle, "Prince des Poètes", décède à cinquante-deux ans.



 

"Verlaine ? il est caché parmi l'herbe, Verlaine."

Ce beau vers de Mallarmé, si fluide, si peu funèbre en somme qu'on en oublie presque qu'il appartient à un "tombeau" - le plus léger, le plus ouvert des "tombeaux" mallarméens, comme si, sur ce mort, il fallait peser le moins possible - ce beau vers était prophétique. Oui, Verlaine est caché. [...] Caché dans l'ombre écrasante de Rimbaud pour qui il eut toutes les faiblesses - il aimait cela, la faiblesse - et dont il reconnut, avant tous, le génie. Caché par les faits divers tapageurs, les violences, le coup de revolver de Bruxelles, la fée-absinthe, les prisons, les hôpitaux, les débauches crapuleuses [...] Caché par la gloire anthologique, "sanglots longs", ciel "par-dessus le toit"..." (Jean Gaudon).

 

(Bibliographie : Paul Verlaine. Poèmes saturniens. Confessions, Chronologie, préface, notes et archives de l'œuvre par Jean Gaudon. Éditions Garnier-Flammarion, 1977).

 

(Écrit par Améthyste)

 

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Portrait de Verlaine par Eugène Carrière.