Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/09/2017

LORD BYRON, GENIE FATAL ET SOUFFRANT

George Gordon, Lord Byron (1788-1824).

Ce poète anglais, qui se disait destiné à ne jamais être heureux, fut un enfant farouche et passionné. Affligé d'une boiterie singulière, car une de ses chevilles cédait sous le poids de son corps, il était révolté, susceptible, orgueilleux, provocant et violent. Des études d'histoire et de latin devinrent pour lui "un refuge de paix et de plaisir".

 

Son Pèlerinage de Childe Harold (1812) lui apporta la célébrité. Poète adulé, il mena une vie fastueuse et parfois scandaleuse. Son mal de vivre s'exprima dans les poèmes de héros rebelles : le Giaour, le Corsaire, le Prisonnier de Chillon, Manfred, Don Juan... Il écrivit aussi des drames et des contes en vers.



Le riche Lord Byron se joignit aux insurgés grecs se battant pour leur indépendance. "On galopait dans la campagne tous les matins, Byron dans son uniforme et portant son casque homérique." L'anecdote suivante démontre son goût pour la provocation : dans un monastère près de Samos, Byron s'étendit tranquillement dans le plus profond des "sarcophages qui ornaient le cloître et, au grand effroi des assistants, il récita la tirade où Hamlet médite en contemplant le crâne de Yorrick..."



Lord Byron, le fils du désespoir selon Chateaubriand, mourut à trente-six à Missolonghi, en Grèce.

 

(Bibliographie : Lord Byron, la Malédiction du génie par Gilbert Martineau. Éditions Tallandier, 1984).

 

(Écrit par Améthyste)

 

george gordon,lord byron,poète,pèlerinage de childe harold

                                                                                       

                     Lord Byron en tenue albanaise par Thomas Phillips.

07/09/2017

JULES LAFORGUE, UN CREATEUR DU VERS LIBRE

Jules Laforgue (1860-1887), poète français, est né à Montevideo (Uruguay). Il connaît quelques années de vache enragée pendant lesquelles il tente de survivre en vendant ses poèmes et ses dessins à des revues. À vingt ans, il trouve un poste de lecteur en Allemagne, auprès de l'impératrice Augusta à Berlin. Il occupe cette fonction pendant cinq ans.

 


Il publie deux recueils : les Complaintes (1885) et l'Imitation de Notre-Dame de la Lune (1886). De retour à Paris, une période de vie misérable l'attend à nouveau. Il meurt de la tuberculose à vingt-sept ans. Sa veuve, Leah Lee, une jeune Anglaise, meurt un an plus tard, au même âge, emportée elle aussi par la tuberculose.

 


Les amis de Jules Laforgue publient, à titre posthume, ses contes en prose : Moralités légendaires (1887) puis le recueil : Derniers Vers (1890). 

 


Jules Laforgue est un des créateurs du vers libre. Obsédé par la mort, adepte du dandysme, il écrit dans un style précieux et impressionniste.

 

(Écrit par Améthyste)



 

jules laforgue,poète,vers libres,dandysme

 

Portrait de Jules Laforgue.

06/04/2017

ARTHUR RIMBAUD

Arthur Rimbaud (1854-1891)


Adolescent, il étonne ses maîtres par son intelligence brillante, ses dons remarquables pour l'étude, sa virtuosité en vers latins. Les poèmes qu'il compose dès l'âge de seize ans : Le Bal des pendus, Le Bateau ivre, révèlent un génie d'une étonnante précocité. 


À dix-sept ans, il rencontre Verlaine à Paris. Ils ont une liaison tumultueuse et insultent les écrivains dans les cafés parisiens. Deux ans plus tard, "Verlaine, ivre, blesse Rimbaud au bras d'un coup de pistolet parce qu'il ne veut plus partager avec lui son errance." Rimbaud écrit Une saison en enfer, Les Illuminations, puis renonce à la littérature à dix-neuf ans. 


"En 1878, c'est l'appel du Sud. Voilà Rimbaud le vagabond chef de chantier à Chypre. Puis, en 1880, après une attaque de typhoïde, commerçant en Éthiopie, à Aden... Tour à tour trafiquant d'armes, exportateur de café, photographe, explorateur... L'enfant impertinent est devenu un homme austère, au visage émacié, au regard profond marqué par ses échecs successifs. [...] Ses Illuminations ont été publiées à son insu, en 1886, grâce à Verlaine."


"L'homme aux semelles de vent", comme l'appelait Verlaine, atteint d'une tumeur au genou, subit une amputation et meurt, à trente-sept ans, après une longue et douloureuse agonie.

 

(Bibliographie : Arthur Rimbaud, Poésies. Grands textes classiques - L. Mangavelle, 1993).

 

(Écrit par Améthyste) 

 arthur rimbaud,poète,verlaine,les illuminations

 

                                              Portrait d'Arthur Rimbaud par Carjat.

30/03/2017

"LENDEMAIN" PAR CHARLES CROS

 "Lendemain

 


Avec les fleurs, avec les femmes,
Avec l'absinthe, avec le feu,
On peut se divertir un peu,
Jouer son rôle en quelque drame.

 


L'absinthe bue un soir d'hiver
Éclaire en vert l'âme enfumée,
Et les fleurs, sur la bien-aimée
Embaument devant le feu clair.

 


Puis les baisers perdent leurs charmes,
Ayant duré quelques saisons.
Les réciproques trahisons
Font qu'on se quitte un jour, sans larmes.

 

On brûle lettres et bouquets
Et le feu se met à l'alcôve,
Et, si la triste vie est sauve,
Restent l'absinthe et ses hoquets.

 

Les portraits sont mangés des flammes :
Les doigts crispés sont tremblotants...
On meurt d'avoir dormi longtemps
Avec les fleurs, avec les femmes."

 

(Charles Cros).

 

(Présenté par Améthyste)

 

charles cros,poète,lendemain de charles cros,poème

                            

                                                 "Le Buveur" par Paul Cézanne

25/10/2014

STEFAN ZWEIG, UN HUMANISTE PASSIONNE

Stefan Zweig (1881-1942), écrivain autrichien, auteur dramatique, auteur de romans, de nouvelles et d'essais, poète, biographe, ami de Rainer Maria Rilke, de Freud et des grands pacifistes européens, explora l'enfer des sentiments troubles, des pulsions dévastatrices.

 


Il est une œuvre à laquelle Zweig consacra une multitude d'heures passionnées : sa collection de manuscrits d'écrivains et de musiciens célèbres, le "diamant pur" de sa bibliographie. "Il s'acharne à trouver les plus belles traces d'un travail de composition, traque la genèse de l'ouvrage, son lent accouchement, à travers les manuscrits originaux ou leurs brouillons. Écartant l'anecdotique, le superficiel, il devient chasseur de sens. Lui importe, sur la feuille blanche où une main d'artiste a écrit son message, la recherche de la forme, l'effort visible pour parvenir à la perfection. Il aime les manuscrits qui sont des moments étoilés où s'éclaire, dans sa spontanéité, sa joie ou sa souffrance, l'élan de la création. [...] Sa préférence va aux fragments, aux brouillons, aux esquisses, aux pages les plus corrigées, les plus tourmentées, celles qui portent la trace d'un combat avec les mots et les idées." 

 



Les musées lui envient sa bibliothèque de quatre mille catalogues ! "... ses trésors, amoureusement rassemblés, forment un tout, une sorte de Recherche des Riches Heures de l'Art." Voici quelques raretés figurant dans cette collection :


"une page des Cahiers de Léonard de Vinci ; le manuscrit des Origines de la tragédie de Nietzsche, dans une rédaction inconnue qu'il avait écrite pour Cosima Wagner ; un roman de Balzac "dont chaque page était un champ de bataille" ; un texte de Goethe à neuf ans, son dernier poème à quatre-vingt-deux ans et, magistrale, prise entre ce début et cette fin, une page in folio du Faust. Côté musique, le manuscrit des Chants tziganes de Brahms, de la Barcarolle de Chopin..."

 

 

La collection de Stefan Zweig sera dispersée et en partie détruite.

 

(Bibliographie : Stefan Zweig, l'ami blessé par Dominique Bona. Plon, 1996).


stefan zweig,humaniste,écrivain,poète,collection de manuscrits

                              "Faust" par Eugène Delacroix.