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29/07/2012

DANIEL LAFONT, OCCITANISTE DE TALENT

Un Occitaniste de talent veille...


Il m'arrive parfois de glisser dans mes livres une expression occitane. Apparaît à ce moment-là, Daniel Lafont, homme de vivante Culture qui veille sur ma plume dans les méandres de l'occitan, langue tant aimée des troubadours.

 

Initiateur et cheville ouvrière du Cercle "Tega-los !", animateur de cours d'occitan, Daniel Lafont est auteur d'articles littéraires et historiques publiés dans le Bulletin du Groupe de Recherches et d'Études du Clermontais (G.R.E.C.).

 


Pendant une dizaine d'années, lecteur de français et d'occitan à l'Université J.-W. Goethe de Francfort-sur-le-Main (Hesse, Allemagne), il est actuellement enseignant et formateur dans les écoles "Calandretas" (Écoles occitanes bilingues) au sein desquelles il milite activement.



 

 

Daniel Lafont a participé à de multiples émissions littéraires, thématiques et ethnologiques sur T.V. HR 3, Hessisches Rundfunk - R.F.A., Radio Clapàs, Radio Pays d'Hérault, etc. Il est à l'origine de nombreuses Rencontres culturelles. De plus, il se révèle être un Conteur de talent pour petits et grands.


 

 

J'ajouterai que la ressemblance de Daniel Lafont avec Claude Monet est frappante, particulièrement dans ce portrait, ainsi vous connaîtrez mieux cet érudit et bienveillant ami.

 

daniel lafont,occitaniste


                                                Portrait de Claude Monet par Nadar.

 

AUTRES EXTRAITS DE L'ABIME

LA MALADRERIE :


"Cette odeur persistante, méphitique, si tenace que toutes les bourrasques du monde ne peuvent la chasser... les siècles inlassablement nous transmettent cette puanteur, l'âme de la lèpre imprègne toujours ces lieux, elle perpétue l'horreur ancienne, l'effroi médiéval... Voyez-vous ces zones d'ombre malgré les éclairages modernes ? De terribles douleurs les hantent à jamais, les luminaires n'y peuvent rien. Observez comme les ténèbres s'épaississent par endroits. Les Basses-Fosses... Plus personne depuis belle lurette n'habite ce passage bâti de maisons tout en rez-de-chaussée, aux murs rongés par le salpêtre, des murs lépreux, le sol de terre battue avec d'éternelles flaques croupissantes, des ombres inquiétantes et des bourbiers aux endroits que ne touche jamais le soleil."


LES VÉTÉRANS :


"Les poilus, arme à l'épaule, trouvèrent rapidement le pas militaire, le miracle se produisait, ils se détachaient des curieux attirés par un fait divers sanglant, et avançaient en cadence, ailleurs, sur les grands boulevards de l'Histoire à la rencontre de leur périlleuse jeunesse. Dorgelès et Barbusse chantaient leurs hauts faits, les cuivres de la gloire couvraient les vaines conversations, ils marchaient altiers et plus de mille fois morts au Chemin des Dames, à la tranchée des baïonnettes. Ils marchaient avec des millions de fantômes ressuscités des terres de l'Est ou des frontières flamandes, visages d'antan, frères d'armes qu'ils pensaient oubliés à jamais mais cheminant tout à coup à leur côté. Saint-Vigelle, bouleversé par cette foulée "scandée", abandonna les premiers rangs, les gendarmes, tout ce que l'on voudra, pour se placer à la tête de ses vétérans. Seul un éclair dans les yeux, au-delà de toutes les péroraisons, accueillit la venue du chef reconnu par la troupe. Ils marchaient, ultime parade, en larmes, la tête emplie de leur légende. Ils marchaient, ils marchaient encore, ils marcheraient toujours aux accents de l'épopée, de l'émotion, des admirations futures, eux, les vainqueurs d'un peuple redouté des Romains, eux, les héros de la Grande Guerre, "la der des der". Ils marchaient et presque à l'unisson levaient la tête vers le ciel, répondant d'un sourire fraternel au salut des archanges." 


 

L'Abîme, Christian Jougla, Marianne Schumacher, illustration

 

PREFACE DE L'ABIME PAR JEAN-CLAUDE PASTOR

Avec L'ABÎME, Christian JOUGLA excelle une fois encore, après Mandorgues, dans le genre gothique. Les promenades et discussions nocturnes du Docteur Morandi et de Maître Chevillon nous renvoient à nos doutes ; elles dévoilent la face obscure de l'imaginaire et de nos interrogations, bien au-delà du cartésianisme.

 

Effrène, le gouffre, les venelles constituent la scène d'un théâtre où évoluent des personnages pittoresques, amers, hors normes, hallucinés...


L'auteur a emprunté les traits, les modes de vie, le quotidien de ces populations rurales viticoles des années 50 tant et si bien que nous les croyons ressuscitées. La farce et la tragédie de Birounet, le combat de Lampilas, hauts faits rustiques et orgueil du village, nourrissent la jalousie des localités voisines.



Pourtant tout n'est pas glorieux, "combinaisons, manipulations, magouilles" se jouent de l'opinion et l'on "achètera avec des peccadilles, des riens, du vent" l'opinion de ces naïfs.



L'ABÎME, c'est le témoignage d'un écrivain attaché à ses personnages mais aussi aux espaces, à ces vignes qui disparaissent alors que les citadins, sans racines, sans respect pour la ruralité, investissent brutalement les lieux, effaçant peut-être à jamais un monde qu'ils ne comprennent pas.

Ce livre de Christian JOUGLA, générateur de réflexion, exprime, au-delà de la nostalgie, le témoignage terrifiant d'une époque, inspiré par la Nature dangereusement désacralisée parce qu'éternelle.


Jean-Claude PASTOR.

 

L'Abîme, Christian Jougla, Marianne Schumacher, illustration

EXTRAITS DE L'ABIME

EFFRÈNE :



"Le Sud occitan, des Pyrénées aux Alpes, se compose d'une multitude de petits royaumes frères mais rivaux, concurrents mais complices, liés par l'Histoire et souvent antinomiques par leur histoire. Ces communautés farouchement secrètes ont pour capitale un bourg, pour modèles et suzerains de vieilles familles enracinées depuis au moins la croisade des albigeois, pour langue l'occitan lorsque l'on aborde les choses sérieuses, c'est-à-dire battre au foot ou au rugby, aux boules ou au tambourin la cité voisine et ressasser cet illusoire exploit afin de meubler le temps en espérant beaucoup des prochaines confrontations. Diversité sans division, divergences convergentes, ces parcellarisations se fragmentant encore créent depuis bientôt mille ans un ensemble multiple et cohérent, tout à coup étrange, inquiétant même, dans "l'avant-arrière-pays" héraultais, dans cette région miniaturisée : le Clermontais."



PANDORA :


"Il l'avait rencontrée lors de sa première année estudiantine à Montpellier ; elle fréquentait déjà une "avant-garde", durant cette époque, aux jeans moulants, cols roulés, sveltesse et cheveux à tous les vents, qui se voulait une accélération de l'Histoire et fleurait bon la liberté, la route, Kerouac et Marcuse. Sartre et Beauvoir trônaient dans toutes les librairies. Ah ! comme l'on s'amusait naguère, à l'ombre des utopies, inventant jour après jour, sans trop le savoir, mai 68. Quelle différence avec le temps présent ! Lui, Morandi, n'avait pas vu grand-chose jusque-là, une vie enclose à Uzès, ensuite une existence cloîtrée de pensionnaire à Nîmes, quelques liaisons anodines empreintes de bien trop de ruralité lors des vacances."


 

L'Abîme, Christian Jougla, Marianne Schumacher, illustration

Illustration de Marianne Schumacher

L'ABIME

L'Abîme, Christian Jougla, Marianne Schumacher, livre

Illustration de Marianne Schumacher

Roman (278 pages) - Collection "Infini", 2007.

 

 

Dans le sud de la France, près de Clermont-l'Hérault, "se tapit au creux d'un vallon un improbable hameau", Effrène, chérissant, à la fin du XXe siècle, le passéisme et "l'utopie d'une réalité immuable." Un gouffre insondable, lieu redouté derrière le rempart du village, semble plonger dans les abysses. Un énigmatique quartier au sol boueux et une "ancienne léproserie, haut lieu des désespérances", servent d'asiles aux nostalgies.

 


D'étranges alliances se nouent entre certains habitants de ce hameau singulier : un élève obstiné, à bord d'un esquif, parvient à convaincre de l'inviolabilité du gouffre le maître d'école, laïc railleur, le transformant en "romantique du sacré et de l'énigme". Un médecin, rationaliste, cynique, marche dans le sillage du notaire, poète inspiré, sans doute devin.

 



Parfois, un aigle d'une envergure exceptionnelle hante le ciel d'Effrène et perpétue, peut-être, le mythe de Prométhée...

 



Percevant avec une profonde angoisse qui imprègne ses descriptions apocalyptiques les sacrilèges irréversibles perpétrés par l'Homme envers la Nature, Christian JOUGLA, l'auteur de MANDORGUES, prouve une fois encore combien il excelle dans le genre difficile du roman gothique.

 

 

Éditions des Ateliers de la Licorne.