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04/08/2016

"L'ORAGE" DE GIORGIONE

Giorgione s'intéresse très tôt aux paysages, révélant ainsi son goût pour les couleurs denses et la lumière.

 


Fin érudit, empreint des cultures latine et grecque, sensible à l'humanisme de la Renaissance, il se passionne pour les sujets où l'Homme et la Nature tiennent la première place. Pour lui, la nature n'est pas un simple décor, mais elle est en union intime avec les êtres.

 

 

Il conçoit un étrange tableau : L'Orage ou La Tempête (1510). "La technique du glacis qu'il a mise au point donne une luminosité et une transparence nouvelles à sa peinture."

 


Une jeune femme nue, assise sur un rocher couvert d'herbe, une courte étoffe jetée sur ses épaules, tient son enfant dans ses bras. Debout, un soldat médite, indifférent à l'orage qui éclate au fond, sur la ville, au-delà d'un pont enjambant la rivière. Un éclair trace un sillon dans les nuées sombres. La Nature est le véritable sujet du tableau, les personnages semblent étrangement posés au premier plan, calmes, insensibles à l'ouragan proche.

 

 

"Giorgione s'est libéré des influences diverses pour atteindre la plénitude et la maturité de son chef-d'œuvre."

 

 

(Bibliographie : La Petite Encyclopédie de l'Art, ouvrage réalisé sous la direction de Brigitte Covignon. Éditions du Regard, 1995).

 

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                         L'Orage ou La Tempête par Giorgione.

28/07/2016

"LE JEUNE BERGER" DE J.-B. GREUZE

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), peintre français, étudie son art à Lyon, puis à Paris. Agréé à trente ans par l'Académie pour une œuvre d'inspiration populaire et moralisante, il s'insurgera, quatorze ans plus tard, contre cette même Académie qui le reçoit comme peintre de genre alors qu'il souhaitait l'être en tant que peintre d'Histoire.

 


À la Révolution, il se rallie à Louis David, dont les conceptions sont très différentes des siennes mais qui, comme lui, désire élever l'âme du spectateur.

 


"Il eut de très bonne heure conscience de ses dons exceptionnels d'habileté et d'imagination et, entraîné par un orgueil farouche, sut, en résistant à toutes les sollicitations, ne pas conformer son art aux modes du temps. Ses thèmes se devaient d'être originaux, leur exécution serait, à son gré, rapide ou lente, les techniques mélangées, l'unité des genres brisée et le contenu émotionnel de son œuvre s'étendrait sur une gamme allant du timide enfantin au démoniaque. Greuze releva allègrement le défi que des maîtres qu'il vénérait - Van Dyck, Rembrandt, Rubens, Poussin - lui lançaient et sembla décidé à les rejoindre plutôt qu'à se prélasser parmi ses contemporains."

 

 
(Bibliographie : Jean-Baptiste Greuze, 1725-1805 par Edgar Munhall (Sélection et Catalogue). Traduction par Évelyne Mornat. Exposition organisée par le Wadsworth Atheneum, Hartford, 1977). 



Le Jeune Berger, un enfant aux yeux rêveurs, un garçonnet au regard de poète, pense à sa bergère avant de souffler sur un akène de pissenlit, interrogeant ainsi le sort pour savoir si la petite fille dont il est amoureux l'aime en retour. À son bras, un panier déborde de fleurs.

 

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Le Jeune Berger par Jean-Baptiste Greuze.

21/07/2016

"LE JARDIN D'AMOUR" DE JAMES ENSOR

James Ensor s'essaya dans le genre galant avec Le Jardin d'amour, dont il conçut une huile sur toile (1891), jardin fondu, coloré, onctueux, mais aussi une aquarelle (1895) portant le même titre.

 


Il rencontra sur sa route beaucoup de hargne et, selon le poète Émile Verhaeren, dut subir "les coups de rabot de la bêtise" et en fut "foulé, meurtri, blessé". Plusieurs de ses camarades lui reprochèrent de tourner le dos au réalisme et de compromettre la cause de l'art indépendant.

 


Ensor fut un peintre réprouvé durant ce qui aurait pu être les plus belles années de son existence. Il accepte de vivre "en marge" et se réfugie dans un univers onirique aux jeux colorés. Il se complaît dans une ironie caustique et un humour mystificateur. Mais il est profondément meurtri et angoissé...

 

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                       Le Jardin d'amour (1895) par James Ensor. 

14/07/2016

"CAPRICE" DE CANALETTO

Imaginaire et réalité.


Parmi les œuvres de Canaletto, né à Venise en 1697, un tableau de jeunesse me plaît tout particulièrement : Caprice (1723). Il se trouve à Milan, dans une collection privée. D'autres toiles de Canaletto intitulées Caprice sont à Venise, Collection Cini.


Un paysage imaginaire, parsemé d'éléments réels, hésite entre charme et désolation. Au premier plan, des personnages vêtus de haillons, semblent regarder une barque aux voiles lamentablement déchirées, qui sert probablement d'habitation. D'autres personnes sont assises sur le bord de "l'embarcadère", ou au pied d'une arcade soutenue tant bien que mal par des colonnes en ruine où grimpe une végétation sauvage. Une minuscule pyramide voisine aussi avec des arcades.



Je ne saurais définir pourquoi ce spectacle, qui devrait être affligeant, dégage une telle douceur, un tel charme. Peut-être parce que la part réservée à l'imaginaire laisse très peu de place à la réalité...



Canaletto, paysagiste, se fixe pour mission de glorifier sa ville natale, Venise de pierre et d'eau, habitée par des êtres sans visage, que rien ne peut distraire de leur rêverie. Ses toiles ont un côté intemporel, un aspect d'éternité...

 

(Bibliographie : Tout l'œuvre peint de Canaletto par Pierre Rosenberg et Lionello Puppi. Flammarion, 1975).

 


Voici un extrait d'un poème de Théophile Gautier :

         "Sur les Lagunes

Avec ses palais, ses gondoles,
Ses mascarades sur la mer,
Ses doux chagrins, ses gaîtés folles,
Tout Venise vit dans cet air.

Une frêle corde qui vibre
Refait sur un pizzicato,
Comme autrefois joyeuse et libre,
La ville de Canaletto."

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                     Une autre œuvre de Canaletto : Caprice romain.

 

 

07/07/2016

"MARS DESARME PAR VENUS..." DE DAVID

Mars désarmé par Vénus et les Grâces, provocation que ce tableau aux proportions gigantesques (3,08 m x 2,65 m), réalisé par le peintre français Louis David ! Il a soixante-treize ans lorsqu'il entreprend cette œuvre, sa dernière grande huile sur toile, qu'il achève trois ans plus tard, en 1824. Il meurt à Bruxelles en 1825 s'étant exilé en Belgique au retour des Bourbons.

 



Le thème est idéaliste : la guerre vaincue par l'amour et la beauté. Les couleurs sont audacieuses et éclatent dans le décor surréaliste d'un temple flottant sur les nuages. Mars, le dieu romain des Combats, se laisse complaisamment dépouiller de son épée qu'il tend lui-même aux Trois Grâces, filles de Zeus : Euphrosyne, Aglaé et Thalie. L'une d'elles s'est saisie du casque du dieu Mars, une autre lui verse du nectar, et la troisième s'empare de son bouclier et d'un arc.

 


Pendant ce temps, Cupidon, taquin selon son habitude, délace les sandales du guerrier qui tient nonchalamment un javelot, pensant ainsi préserver sa dignité... Vénus, déesse de l'Amour, remplace les armes du dieu belliqueux par des couronnes de fleurs tandis que les tuniques gisent sur la couche où Vénus et Mars offrent l'harmonie de leurs nudités auxquelles les Trois Grâces n'ont rien à envier.

 

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               Mars désarmé par Vénus et les Grâces (1824) par Louis David
                    (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles).