Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/06/2017

"LE FOU ERRANT" PAR JEROME BOSCH

Le Fou errant est l'un des épisodes du triptyque Le Char de foin créé par Jérôme Bosch. Les volets fermés de l'œuvre comportent cet aliéné vagabond.


En réalisant Le Char de foin qui date de sa "période de maturité", entre 1485-1490 et le début du XVIe siècle, Jérôme Bosch peint, par la représentation du cortège qui accompagne le char, la marche de l'humanité traversant, jusqu'à sa perte fatale, la folie des délices de la vie terrestre.



Le Fou errant, un vagabond au visage inquiet, vêtu de loques, sa hotte maintenue sur son dos par une bandoulière lui enserrant le buste, un bâton à la main, va s'engager sur un petit pont.

 

"Son vêtement, sa démarche, le chien qui le menace sont conformes à l'iconographie traditionnelle du "mat", le fou du jeu de tarots. Il figure l'homme traversant le monde sans souci du sort de son âme, dans une inconscience semblable à celle de la folie. Dans ce paysage presque monochrome où seuls les fonds apportent une note bleue, on voit les traces du mal dont il est le théâtre : ossements dépouillés de leur chair par les oiseaux, voleurs détroussant un passant, danseurs s'abandonnant aux rythmes de l'obscène cornemuse, au loin le gibet." (J. Combe).


Ce triptyque a appartenu aux collections du roi d'Espagne Philippe II.

(Bibliographie : Jérôme Bosch. Tisné, éditeur - Amis des Arts, 1963).

 

(Écrit par Améthyste)

 

jérôme bosch,le fou errant,triptyque le char de foin


 
                        Le Fou errant par Jérôme Bosch (Musée du Prado, Madrid).

 

17/05/2017

GAUGUIN ET LES ECRIVAINS

Madame Rachilde Vallette, l'épouse du fondateur du "Mercure de France", revue littéraire créée en 1889 par Alfred Vallette et des écrivains attachés au symbolisme, était une auteure prolifique dont les ouvrages faisaient scandale. Pour l'illustration de son livre Madame la Mort la commande fut passée à Paul Gauguin. Le peintre réussit à se glisser fort habilement dans l'esthétique symboliste, usant de traits allusifs, de sinuosités inquiétantes, d'atmosphères mystérieuses et troublantes.


Paul Gauguin fréquentait le Café Voltaire à Paris, où il rencontra Jean Moréas, Jules Renard, Verlaine, Henri de Régnier, Maurice Barrès et Paul Fort. Aux "mardis" de Mallarmé, il écoutait André Gide, Paul Valéry, Pierre Louÿs... Le peintre se sentait un peu étouffé dans "ce climat bourgeois [...] si éthéré dans le verbe." 


"André Gide, comme Flaubert quelque temps avant, accomplissait un voyage à travers la Bretagne, à ce rythme de lenteur propice à l'observation, à la véritable découverte du site, au pas du pèlerin, et, passant par le Pouldu, échoua dans l'auberge de Marie-Poupée occupée alors par Gauguin et ses amis.

À l'heure du repas il avait demandé à être servi en leur compagnie. "Ils montrèrent du reste que je ne les gênais guère, c'est-à-dire qu'ils ne se gênèrent point. Ils étaient tous trois pieds nus, débraillés superbement, au verbe sonore. Et, durant tout le dîner, je demeurai pantelant, gobant leurs propos, tourmenté du désir de leur parler, de me faire connaître, de les connaître et de dire à ce grand à l'œil clair que ce motif qu'il chantait à tue-tête, et que les autres reprenaient en chœur, n'était pas de Massenet, comme il le croyait, mais de Bizet. Je retrouvais l'un d'eux plus tard chez Mallarmé : c'était Gauguin"."

 

(Bibliographie : Paul Gauguin par Jean-Jacques Lévêque. ACR Édition, 2003).

 

(Écrit par Améthyste)

 

 

paul gauguin,peintre,madame la mort

 

 

                                Madame la Mort par Paul Gauguin.


10/05/2017

"TEMPETE DE NEIGE SUR MER" DE TURNER

 

william turner,tempête de neige sur mer,peintre

 

                                    "Tempête de neige sur mer" de William Turner.

"Par son imprécision mouvante, l'image artistique est surtout poésie ; elle se fait alors le truchement des pulsions et des élans, des forces confuses et ardentes que le peintre sent vivre en lui !" (René Huyghe).

 

William Turner (1775-1851), peintre britannique, se dirige très tôt vers le paysage et l'aquarelle. Il réalise de nombreuses études de la campagne anglaise. Puis, il aborde l'huile, influencé par les paysagistes classiques et surtout par Claude Lorrain. Il recherche des effets de lumière de plus en plus audacieux tandis que ses sujets se dématérialisent jusqu'à l'abolition presque intégrale des formes.


(Bibliographie : L'Art et l'Âme de René Huyghe de l'Académie française (Flammarion, 1980).

 

(Écrit par Améthyste)

02/03/2017

"IVAN TSAREVITCH ET LE LOUP GRIS" PAR VASNETSOV

Victor Vasnétsov, s'inspirant de l'art et de l'architecture de la Russie ancienne, participa au développement d'un romantisme national. Puis il fut attiré par une interprétation romantique et littéraire du folklore avec ses contes, ses légendes et ses mythes. Ses toiles font revivre la Russie du XVIIe siècle, elles veulent échapper au prosaïsme et s'épurer.

 
Voici Ivan Tsarevitch et le loup gris (1889). S'enfuyant dans une course folle au travers d'une forêt épaisse, un loup gigantesque, les yeux injectés de sang par l'effort, emporte sur son dos une jeune fille, triste et passive dans les bras d'un preux chevalier. Le glaive que l'homme porte au bout d'une chaîne en bandoulière semble se diriger vers d'invisibles poursuivants. Ivan Tsarevitch scrute anxieusement les alentours. Un arbuste fleuri, à droite, tente d'apporter une note rassurante au drame qui se joue.

 

ivan tsarevitch et le loup gris,victor vasnétsov,loup gris,romantisme,folklore

 

            

          Ivan Tsarevitch et le loup gris (1889)  par Victor Vasnétsov.

16/02/2017

"CERES" PAR JAN BRUEGEL DE VELOURS

 

Mutine, Cérès me rappelle que je lui ai dédié, outre une présentation trop brève dans "la dynastie Bruegel, peintres flamands", un article consacré à sa seule déité. Le voici :

 

Cérès, la déesse romaine des Moissons, de la Terre, de l'Agriculture et de la Civilisation (assimilée à la déesse grecque Déméter), inspira Jan Bruegel, dit Bruegel de Velours, peintre flamand, qui la représenta capiteuse, généreuse, portant une coupe de fruits très colorés.


Dans les cheveux de Cérès, coquelicots et autres jolies fleurs des champs voisinent avec des épis. Bruegel l'a peinte richement parée de bijoux. Le regard de la déesse est attentif, probablement attiré par ceux qui vont recevoir son offrande. Je ne serais pas surprise de la voir esquisser un sourire.



Bruegel de Velours réalisa avec une finesse de miniaturiste des scènes mythologiques ou d'allégories et des tableaux de fleurs. Il exécuta aussi des fonds de paysages pour Rubens.

  

(Écrit par Améthyste)

 

bruegel_velours_ceres.jpg

  

                                Cérès par Bruegel de Velours.