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03/04/2015

CEZANNE ET SES POMMES DANS UN CERISIER

Paul Cézanne s'emportait facilement et passait quelques-unes de ses colères sur ses toiles qu'il perçait à coups de couteau à palette. Son fils, alors qu'il était tout enfant, participait gaiement à cette destruction.

 


"Il y faisait des trous, à la grande joie de son père : - "Le fils a ouvert les fenêtres et les cheminées; il voit bien, le petit bougre, que c'est une maison !"

 

Dans son entourage, on avait un tel respect pour le peintre, que lorsqu'il laissait dans le jardin, ou jetait sur le poussier, dans son atelier, une toile lacérée, on veillait à ce qu'elle fût mise au feu. Aussi peut-on citer comme un cas unique le sauvetage d'une Nature morte que Cézanne avait jetée par la fenêtre et qui resta longtemps accrochée à la branche d'un cerisier. Comme on avait vu Cézanne rôder autour de l'arbre, armé d'une gaule, on pensa qu'il avait l'intention de "reprendre" son tableau, et l'on se garda d'y toucher.

 

J'assistai au décrochage de la toile. Je me promenais dans le jardin avec Cézanne et son fils; le peintre, qui marchait à quelques pas en avant, la tête un peu inclinée, se retourna tout à coup, et s'adressant à son enfant : "Fils, il faudrait décrocher les Pommes. J'essaierai de pousser cette étude !" (Ambroise Vollard).

 

(Bibliographie : En écoutant Cézanne, Degas, Renoir d'Ambroise Vollard. Préface de Maurice Rheims de l'Académie française. Éditions Bernard Grasset, 1938).


 

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 "Nature morte aux pommes et aux oranges" (1895-1900) de Paul Cézanne.

Une autre nature morte "Rideau, cruchon et compotier" a atteint cinquante-deux millions d'euros dans une vente aux enchères, en 1999.



Mais voici d'autres fruits, peut-être défendus ceux-là...

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                               "Baigneuses" (1874-1875) de Paul Cézanne.

 

26/03/2015

EDGAR DEGAS, LE PERFECTIONNISTE

Edgar Degas n'appréciait pas que l'on changeât les cadres de ses œuvres, pas plus qu'il n'aimait laisser sortir ses toiles de son atelier car il désirait toujours "arranger" un détail.

 


"Une fois, entre autres, invité à dîner chez un de ses vieux amis, il ne dépassa pas l'antichambre, ayant aperçu, dès l'entrée, un de ses tableaux dans un cadre d'or. Degas avait décroché le tableau. Avec une pièce de deux sous, il souleva les pointes qui retenaient au cadre la toile et l'emporta sous son bras. [...] On ne le revit plus jamais."

 


Une de ses relations, M. Rouart, qui n'ignorait pas que Degas voulait toujours "reprendre un détail dans ses œuvres, même les plus travaillées, avait jugé prudent d'attacher ses fameuses Danseuses par une chaîne au mur.
- Dites donc, Rouart, il y a là ce pied... Avec une toute petite retouche...
Mais l'autre n'avait nulle inquiétude, sûr de la solidité de la chaîne."

 

(Bibliographie : En écoutant Cézanne, Degas, Renoir par Ambroise Vollard. Préface de Maurice Rheims de l'Académie française. Éditions Bernard Grasset, 1938).

 

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                         "L'École de danse" (1879-1880) par Edgar Degas.

 

19/03/2015

MARY CASSATT EN TOUTE MODESTIE

Ambroise Vollard, dans Souvenirs d'un marchand de tableaux, écrit que Mary Cassatt, peintre et graveur, n'aimait pas mettre ses propres œuvres en valeur dans le monde.

 

"Dans une exposition impressionniste où Mary Cassatt prenait véhémentement partie pour ses camarades :
- Mais, dit quelqu'un, s'adressant à Mary Cassatt sans savoir à qui il parlait, parmi tous ceux que vous citez, vous oubliez un peintre que Degas place très haut...
- Qui donc ? fit-elle, très étonnée.
- C'est Mary Cassatt.
Sans fausse modestie, très naturellement, elle eut cette exclamation :
- Ah bah !
- Ça doit être une femme-peintre ; elle est jalouse, murmura l'autre en s'en allant."

 

(Bibliographie : Mary Cassatt par Jay Roudebush. Traduit de l'américain par Marie-Hélène Agüeros. Flammarion, 1980).

 

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                                   "Jeune Femme lisant" de Mary Cassatt. 

30/01/2015

"LE PONT DE MAINCY" DE CEZANNE

Paul Cézanne vient de voir, une fois encore, ses toiles refusées au Salon. Il quitte Paris pour s'installer quelque temps à Melun. Dans un bois tout proche où il éprouve une impression d'intemporalité rassurante, il aime s'arrêter près d'un pont sous lequel dort une eau paisible entre des rives bordées d'arbres qui lui paraissent immuables.

 


Ce paysage tranquille convient au tempérament de Cézanne qui va peindre un tableau d'une rare fraîcheur : "le Pont de Maincy" (1879). L'équilibre de l'espace et des formes est saisissant. La facture directe, composée de hachures en biais, semble inspirée des dessins de Pissarro. Reproduire la réalité ne suffit pas à Cézanne, il la recrée. "Dans la peinture, il y a deux choses : l'œil et le cerveau", dit-il, "tous deux doivent s'entraider."

 

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 "Le Pont de Maincy" de Paul Cézanne.

  

23/01/2015

"LA SIBYLLE LIBYENNE" DE MICHEL-ANGE

Les fresques somptueuses peintes sur la voûte de la Chapelle Sixtine, dans la Cité du Vatican, par Michel-Ange ne peuvent que confirmer, s'il en était besoin, son exigence de la perfection, la multiplicité de ses dons artistiques et le travail acharné qui firent de ce peintre, sculpteur, architecte et poète, la personnification du génie.

 


"La Sibylle libyenne" (XVIe siècle) est la dernière des douze "voyants" peints par Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine. La Sibylle, surprise reposant son énorme livre sur une étagère placée derrière elle et délimitée par des pilastres décorés selon le goût antique, laisse admirer la musculature, parfaitement étudiée par Michel-Ange, de son dos et de ses bras nus. Elle semble être en position instable, s'appuyant sur la pointe des pieds pour maintenir son équilibre, et l'on aperçoit, sous les voiles de ses tuniques, le galbe de ses jambes.

 


Michel-Ange prouve encore, avec ce chef-d'œuvre, qu'il possède la maîtrise des connaissances anatomiques à leur plus haut degré.

 

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                           "La Sibylle libyenne" de Michel-Ange.