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17/07/2015

"ENSOR AU CHAPEAU FLEURI" DE JAMES ENSOR

Dès le premier regard sur cet autoportrait de James Ensor où il s'est représenté le chef couvert d'un chapeau empanaché, enrubanné, orné d'une guirlande de fleurs multicolores, il est difficile de sourire tant son regard lointain révèle de tristesse, d'anxiété, tant son visage est grave et émouvant. Ce tableau, que certains pourraient trouver cocasse, semble être l'image de l'amertume, l'expression silencieuse d'une âme blessée.


Les mascarades, sorcières et squelettes insolites peints par James Ensor ne peuvent faire oublier qu'il fut un prodigieux novateur au talent d'une diversité exceptionnelle.

 

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                       "Ensor au chapeau fleuri" de James Ensor.

26/06/2015

"PROSERPINE AUX ENFERS" DE ROSSETTI

Une toile de Dante Gabriel Rossetti, un des fondateurs du mouvement préraphaélite, représente la déesse de la germination des plantes, devenue reine des enfers : "Proserpine aux Enfers".

 


La tristesse de cette magnifique créature, son regard perdu dans une contemplation intérieure désespérée, tragique, un renoncement aux joies de la Terre, aux richesses de la Nature, que l'on peut lire sur son visage si fin où le nez un peu long et les lèvres charnues apportent un charme surprenant, voire inquiétant, et sa sensualité vénéneuse retiennent l'attention.

 



C'est une femme d'une beauté fascinante qui posa pour Rossetti et qui en fut l'idole exclusive : Jane Morris Burden, l'épouse du peintre William Morris.

 


Ce tableau recrée le mythe de Proserpine, fille de la déesse des moissons, qui après avoir été enlevée par Pluton, le dieu souverain des Morts, et transportée dans son royaume sous terre, fut enfermée dans une chambre. Un sonnet affiché tout en haut de la toile apporte un élément littéraire à cette pièce inquiétante où un miroir, à l'arrière-plan, semble éclairer le visage et le cou de la jeune femme. Elle vient de mordre dans un fruit, une grenade laissée là à son intention. Elle ignore qu'en goûtant un aliment appartenant au monde souterrain, elle s'unit au royaume de Pluton.

 


"... les plis du vêtement de la déesse s'organisent en une grande arabesque liée à la ligne du cou et au mouvement du bras, et une maléfique vapeur d'encens, ou d'opium, sort de la cassolette..."

 

(Bibliographie : Art Nouveau. Textes de Jean-Paul Bouillon (Éditions d'Art Albert Skira, Genève, 1994).


 

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                           "Proserpine aux Enfers" (1873-1877)

                                   de Dante Gabriel Rossetti.

19/06/2015

"LE CHEVAL BLANC" DE GAUGUIN

Paul Gauguin, écœuré de l'Occident qu'il déclare "pourri par la civilisation industrielle", part pour Tahiti. Là, il s'émerveille devant la beauté des indigènes et des paysages qu'il peint avec des couleurs vives et intenses éloignées de la réalité.

 


"Le Cheval blanc" (1898) représente, au premier plan, un cheval dont la robe a des reflets verts -de la couleur des fourrés qui l'entourent- buvant de l'eau dans un mouvement gracieux de la tête. Au fond, un cavalier sur un cheval rouge se distingue à travers des branches d'arbres bleus. Un pan de ciel d'un magnifique bleu sombre se glisse entre verdures et branchages.

 


Gauguin peint des Tahitiens intimement liés à une nature luxuriante dans un paradis terrestre qu'il évoque librement à l'aide de couleurs irréelles.

 

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                      "Le Cheval blanc" (1898) de Paul Gauguin.  

12/06/2015

"L'APOTHEOSE D'HOMERE" D'INGRES

"L'Apothéose d'Homère" (1827) symbolise idéalement l'harmonie entre les Arts et les Lettres.

 


Grand Prix de Rome en 1801, Ingres reste dix-huit ans en Italie. De retour en France, il ouvre son atelier en 1824 et devient le chef de l'école classique face au romantisme.

 


Au centre de "l'Apothéose d'Homère", l'auteur légendaire, divinisé, vêtu d'une tunique blanche, est assis, tenant le bâton qui ne le quitte jamais car le poète épique était aveugle, dit-on. L'Univers, représenté par une jeune femme ailée, tient une couronne de laurier au-dessus de la tête de l'illustre conteur entouré de personnages antiques et modernes lui offrant des symboles de la création artistique et littéraire. Voici rassemblés Hérodote, Sophocle, Socrate, Platon, Raphaël, Poussin, Michel-Ange, Shakespeare, Boileau, Corneille, Racine et, à droite du tableau, Molière qui se tourne vers nous.

 

Assises sur les marches où siège le poète déifié, deux allégories représentent "l'Iliade" et "l'Odyssée". À l'arrière-plan, un temple apporte un ton plus sombre à cette toile où dominent les couleurs rouges, bleues, vertes, blanches ou jaunes des tuniques.

 



Autour de la Méditerranée et de la Mer Égée, sept cités se disaient la patrie d'Homère. Le poète épique aurait vécu au IXe siècle avant J.-C., mais "l'Iliade" daterait du VIIIe siècle et "l'Odyssée" du VIIe siècle avant  J.-C. Homère a-t-il réellement existé ou bien serait-il un mythe ? Un mythe qui inspira de nombreux peintres et sculpteurs...

 

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                        "L'Apothéose d'Homère" (1827) d'Ingres.

03/04/2015

CEZANNE ET SES POMMES DANS UN CERISIER

Paul Cézanne s'emportait facilement et passait quelques-unes de ses colères sur ses toiles qu'il perçait à coups de couteau à palette. Son fils, alors qu'il était tout enfant, participait gaiement à cette destruction.

 


"Il y faisait des trous, à la grande joie de son père : - "Le fils a ouvert les fenêtres et les cheminées; il voit bien, le petit bougre, que c'est une maison !"

 

Dans son entourage, on avait un tel respect pour le peintre, que lorsqu'il laissait dans le jardin, ou jetait sur le poussier, dans son atelier, une toile lacérée, on veillait à ce qu'elle fût mise au feu. Aussi peut-on citer comme un cas unique le sauvetage d'une Nature morte que Cézanne avait jetée par la fenêtre et qui resta longtemps accrochée à la branche d'un cerisier. Comme on avait vu Cézanne rôder autour de l'arbre, armé d'une gaule, on pensa qu'il avait l'intention de "reprendre" son tableau, et l'on se garda d'y toucher.

 

J'assistai au décrochage de la toile. Je me promenais dans le jardin avec Cézanne et son fils; le peintre, qui marchait à quelques pas en avant, la tête un peu inclinée, se retourna tout à coup, et s'adressant à son enfant : "Fils, il faudrait décrocher les Pommes. J'essaierai de pousser cette étude !" (Ambroise Vollard).

 

(Bibliographie : En écoutant Cézanne, Degas, Renoir d'Ambroise Vollard. Préface de Maurice Rheims de l'Académie française. Éditions Bernard Grasset, 1938).


 

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 "Nature morte aux pommes et aux oranges" (1895-1900) de Paul Cézanne.

Une autre nature morte "Rideau, cruchon et compotier" a atteint cinquante-deux millions d'euros dans une vente aux enchères, en 1999.



Mais voici d'autres fruits, peut-être défendus ceux-là...

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                               "Baigneuses" (1874-1875) de Paul Cézanne.