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16/06/2016

"L'ILE D'AMOUR" OU "LA FETE A RAMBOUILLET" DE FRAGONARD

Jamais, dans l'œuvre de Jean Honoré Fragonard, la verdure n'a envahi autant d'espace : arbres touffus, bosquets que des chutes d'eau éclaboussent joyeusement, allées coiffées de portiques verdoyants et compacts, où règne une ombre propice au marivaudage de couples minuscules. Personnages, barques, terrasse sont engloutis dans cette verdure dense, dévorante au point de créer un malaise.

 


Voici ce qu'écrit le critique d'art et poète Florian Rodari :
"La nature respire, engloutit, bouillonne comme un corps organique ; végétale ou aquatique, elle se couvre de floraisons subites et nacrées, présence à la fois féminine et impersonnelle, grave et indifférente au passage du temps, complice et vorace. Aussi, dans cet immense parc tout palpitant des forces essentielles de la vie, le temps des hommes apparaît-il résumé à une fragile écume, laquelle, à peine éclose à la surface du monde, est emportée dans le ruissellement universel."

 

(Bibliographie : Fragonard, l'instant désiré par Florian Rodari. Éditions Herscher, Paris, 1994).


 

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               L'Île d'amour ou La Fête à Rambouillet (vers 1775)

                                de Jean Honoré Fragonard.

 

09/06/2016

"LA MAISON DU PENDU" DE CEZANNE

Paul Cézanne ne donna pas lui-même le titre de La Maison du pendu (1873) à sa toile. On ne sut jamais qui s'était pendu dans cette triste demeure d'Auvers-sur-Oise.

 


Malgré le ciel bleu, la richesse des nuances automnales, la maison reste macabre à cause de son isolement, des fenêtres obscures, de la porte close. Aucune vie humaine ou animale aux alentours.

 


Paul Cézanne utilisa le couteau à palette pour recouvrir chaque pouce de sa toile d'épaisses couches de peinture opaque qui lui donnèrent son aspect rugueux.

 


La Maison du pendu est admirable par son originalité d'expression, par la mélancolie, je dirais même le désespoir, qui s'étend sur les toits, les murs, les arbres.

 


Cette morosité n'empêcha pas que ce tableau de Cézanne fut l'un des rares à être exposé du vivant du peintre et acheté à la Première Exposition impressionniste, en 1874, par le comte Doria. Il connut encore plusieurs acquéreurs.

 

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La Maison du pendu de Paul Cézanne.

 

26/05/2016

"BARQUE PENDANT L'INONDATION" D'ALFRED SISLEY

1876, l'année d'une grande crue de la Seine. Alfred Sisley réalisa une série de tableaux de cette inondation, à Port-Marly.

 



Ces toiles de facture impressionniste sont des chefs-d'œuvre mais, discrètes et sensibles, elles ne retinrent pas l'attention du public du vivant d'Alfred Sisley. Il continua pourtant à peindre inlassablement, recherchant toujours un nouvel effet de lumière ou une impression fugitive.

 


Le ciel parsemé de nuages de la "Barque pendant l'inondation" se reflète dans l'eau qui envahit les rues. Des silhouettes sombres dans une barque tranchent sur la façade ocre d'un bâtiment. Malgré la désolation qui envahit ce paysage aux prises avec une catastrophe naturelle, une étrange impression de calme se dégage de ce tableau.

 


L'œuvre de ce peintre anglais de l'école française, bien représentée au musée d'Orsay à Paris, ne connut le succès qu'après sa mort.

 

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                        Barque pendant l'inondation (1876) d'Alfred Sisley. 
  

 

19/05/2016

LA POURSUITE DE FRAGONARD

La Poursuite est l'un des quatorze panneaux de la série des Progrès de l'amour réalisée par Jean Honoré Fragonard pour la comtesse du Barry, favorite de Louis XV, qui veut en décorer son pavillon de Louveciennes. Elle y renonce préférant des œuvres de Joseph Marie Vian. Ces quatorze peintures font aujourd'hui partie de la collection Frick à New York.

 


La Poursuite, primesautière, frivole, gaie et coquine, chante les amours libertines à la faveur des bosquets, accompagnées par le bruissement cristallin des cascades complices. Tout semble légèreté : les personnages, les sentiments, les émotions, les mouvements gracieux des belles dames poursuivies.

 


Fragonard prouve qu'il sait peindre avec un grand bonheur les scènes galantes !

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                  La Poursuite (1770-1773) de Jean Honoré Fragonard.  

 

13/05/2016

LES CHEVRIERS DE CASTEL GANDOLFO DE COROT

À vingt-neuf ans, Jean-Baptiste Camille Corot obtient enfin de son père les moyens de devenir peintre. Nous sommes en 1827. Corot part alors pour Rome. Quatre ans plus tard, il envoie ses œuvres au Salon. Elles sont acceptées mais si mal placées qu'il est difficile de les apprécier. Il affronte mépris et rebuffades. Il se battra pendant vingt ans avant que son art soit apprécié.

 



Dans la plus pure tradition des paysagistes du siècle, Corot peint à l'antique le repos des Chevriers de Castel Gandolfo. De grands arbres envahissent le tableau sous un ciel gris argenté. Ombres reposantes, verdures sombres parsemées de rares espaces de clarté, personnages au repos, quelques chèvres broutant, et, à l'arrière-plan, des montagnes gris argenté, elles aussi, comme l'eau où se balancent doucement des voiliers.

 


La paix, le calme, la beauté de ce paysage nous font pénétrer à Castel Gandolfo, la résidence d'été du pape située à quelques kilomètres de Rome. Mais le style de Corot annonce des bouleversements...

 

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Les Chevriers de Castel Gandolfo (1866) de Jean-Baptiste Camille Corot.