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13/05/2016

LES CHEVRIERS DE CASTEL GANDOLFO DE COROT

À vingt-neuf ans, Jean-Baptiste Camille Corot obtient enfin de son père les moyens de devenir peintre. Nous sommes en 1827. Corot part alors pour Rome. Quatre ans plus tard, il envoie ses œuvres au Salon. Elles sont acceptées mais si mal placées qu'il est difficile de les apprécier. Il affronte mépris et rebuffades. Il se battra pendant vingt ans avant que son art soit apprécié.

 



Dans la plus pure tradition des paysagistes du siècle, Corot peint à l'antique le repos des Chevriers de Castel Gandolfo. De grands arbres envahissent le tableau sous un ciel gris argenté. Ombres reposantes, verdures sombres parsemées de rares espaces de clarté, personnages au repos, quelques chèvres broutant, et, à l'arrière-plan, des montagnes gris argenté, elles aussi, comme l'eau où se balancent doucement des voiliers.

 


La paix, le calme, la beauté de ce paysage nous font pénétrer à Castel Gandolfo, la résidence d'été du pape située à quelques kilomètres de Rome. Mais le style de Corot annonce des bouleversements...

 

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Les Chevriers de Castel Gandolfo (1866) de Jean-Baptiste Camille Corot.

05/05/2016

"LA VIE DE L'HUMANITE" DE GUSTAVE MOREAU

Gustave Moreau a conçu une de ses œuvres, mélange du sacré et du profane, La Vie de l'Humanité (1879-1886) comme un polyptique composé de neuf panneaux sur bois, sur trois rangs, et d'un frontispice en demi-cercle.

 



Il s'inspira des Travaux et les Jours du poète Hésiode (VIIIe siècle av. J.-C.) et de la tradition biblique. Les trois panneaux supérieurs sont dédiés à l'âge d'or personnifié par Adam. Ils représentent l'enfance et sa pureté. Les trois panneaux suivants sont consacrés à l'âge d'argent : la jeunesse incarnée par Orphée, la jeunesse avec ses idéaux poétiques et douloureux. Les panneaux du bas concernent l'âge de fer, avec Caïn. C'est la maturité avec ses souffrances et enfin la mort.

 


"L'âge d'or, l'âge d'argent, l'âge de fer. J'ai symbolisé", disait Gustave Moreau, "ces différents âges en les divisant chacun en des compositions représentant les trois phases du jour : le matin, le midi, le soir."

Ce polyptique est au Musée Gustave Moreau, à Paris.
(Bibliographie : Symbolisme de Pierre-Louis Mathieu. Éditions d'Art Albert Skira, Genève).


 

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             La Vie de l'Humanité (1879-1886) de Gustave Moreau.

22/04/2016

"L'OEIL DU SILENCE" DE MAX ERNST

Max Ernst, un peintre allemand, naturalisé américain, puis français, nous séduit par une mythologie n'appartenant qu'à lui. La dimension cosmique de son œuvre est attirante. Il peint souvent la nature, la forêt, l'oiseau, la lune. Il est secret et taquin. Son autobiographie ne porte-t-elle pas le sous-titre : "Tissu de vérité et tissu de mensonges" ?

 


Max Ernst poursuit des études de lettres à l'université de Bonn et s'intéresse à l'histoire de l'art, à la psychologie, à la psychiatrie.

 


Le tableau L'Œil du silence, réalisé en 1943-1944, attire et effraye à la fois par ses volumes inquiétants dominant une femme, dans un coin... minuscule.

 

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                         L'Œil du silence (1943-1944) de Max Ernst. 

 

14/04/2016

"FATA ALASKA" DE WOLFGANG PAALEN

Lorsque l'on regarde Fata Alaska (Fée Alaska, 1937) de Wolfgang Paalen, un peintre surréaliste autrichien, on voit des cathédrales de glace émergeant d'un tapis immaculé qui recouvre un marécage où un enchevêtrement de plantes et d'algues rampe.


Solennels, les blocs effilés se dressent bien haut, loin de la fange verdâtre. Majestueuses, pures, les cathédrales se découpent dans un ciel aux nombreuses nuances. La Fée Alaska, qui veille sur les Esquimaux mais aussi sur le peuple des Tlingits, Indiens établis principalement sur les îles de la Reine-Charlotte au Canada, fée invisible dans cette toile, semble pourtant laisser son empreinte bien au-dessus du marécage.

 

Wolfgang Paalen a-t-il voulu représenter le rêve idéal s'élevant loin des instincts de l'inconscient ?


 

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                      Fata Alaska (1937) de Wolfgang Paalen.

01/04/2016

"LE PONT" DE GUSTAVE COURBET

Gustave Courbet, parfois, recherchait le scandale. Peut-être l'attirait-il parce qu'il restait énigmatique sur sa vision de l'esthétique quand il concevait une œuvre provocante.

 


Mais lorsqu'il réalisa "le Pont", où fusionnent harmonieusement la beauté sauvage de la Nature, avec ses cascades, ses eaux translucides dont il nous semble percevoir les bruissants bouillonnements, sa végétation frémissante,  ses zones d'ombre, de mystère, et l'ouvrage construit par l'homme, le pont qu'un personnage et sa monture franchissent paisiblement, pont massif et pourtant en accord avec ce site enchanteur, le peintre sut unir réalisme et idéalisme.

 


Gustave Courbet démontrait, là,  que réel et idéal peuvent être inséparables chez l'artiste. Peut-être son explication était-elle autre...


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"Le Pont" (vers 1864) de Gustave Courbet.