Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/10/2012

"CHAUMES DE CORDEVILLE" DE VAN GOGH

 

Vincent Van Gogh, sortant de l'asile de Saint-Rémy-de-Provence, s'installa à Auvers-sur-Oise. À l'entrée du hameau de Cordeville, une maison avec des toits de chaume moussus retint son regard. Ce paysage est l'un des plus sombres qu'il ait peints peu avant sa mort. En effet, il se suicida deux mois après son installation à Auvers.

 


Cette maison, où l'on n'a nulle envie de chercher refuge, semble écrasée par un ciel d'orage menaçant. Le toit de chaume, avec ses stries verdâtres, se mêle à des arbres touffus, et paraît faire partie de la nature. Et toujours les volutes chères à Vincent Van Gogh : les nuages, les feuillages des arbres...

 

 

Ce tableau "témoigne d'une envie nouvelle de création bien que le trait soit moins appuyé que de coutume. Tout n'est que vaguement suggéré, les contours et les formes ouvertes ainsi que les traits de pinceau déliés trahissent un travail rapide. La vieille ferme de chaume, le potager, la haie et le mur avec des buissons et des arbres sombres donnent, malgré le motif idyllique, une impression d'inquiétude au tableau." (Ingo F. Walther).

 

 

(Bibliographie : Van Gogh d'Ingo F. Walther (édition originale : Benedikt Taschen, 1987. Traduction française : Catherine Jumel).

 

 

(Écrit par Améthyste)

 

chaumes de cordeville,van gogh,peinture,volutes,toits de chaumes

  

                        "Chaumes de Cordeville" (1890) de Vincent Van Gogh.

                                         (Musée d'Orsay, Paris)

 

TROIS TABLEAUX DE VAN GOGH

 

À la lecture de cette originale description de trois tableaux de Vincent Van Gogh, il n'est pas nécessaire d'être un grand connaisseur de son œuvre pour découvrir les titres des toiles dont Georges Arnaud propose au lecteur une version très personnelle.

 

"... devant le visage triste et un peu fade d'un homme plus très jeune, coiffé d'une casquette molle, les yeux vagues sous des sourcils tombants, accoudé à une table où il y avait des livres et des fleurs ; devant une église lourde, à croupetons dans l'herbe, peinte en couleur de fête foraine au mois d'août, qui, peut-être à cause de ça, du ciel outremer surtout, où elle se découpait, peut-être à cause d'une certaine désinvolture dans le trait, le fit penser à un Dufy ; enfin, tout vert amande, et le fond aussi était vert, ce portrait d'un homme roux, tracé en pâte lourde par un pinceau frémissant et sage. Noyées dans ce torrent de forces vertes dont les tourbillons se rangeaient à des lois qui, en définitive, étaient celles de l'ordre même, des touches d'un bleu fin, de l'outremer à l'ardoise, des lumières un peu roses et deux ou trois traits d'un rouge exquis pour les lèvres révélaient une délicatesse proche de la préciosité. Le vert liait tout, jusqu'au blanc des yeux qu'il imprégnait. C'était un enchaînement de tours de force que le peintre n'avait pas délibérément recherchés, mais qui avaient été ses moyens naturels d'expression, les seuls possibles. Rendu par des procédés d'une extrême audace, l'effet était d'un sévère classicisme. C'était sans âge, d'hier ou aussi d'un autre siècle, pas forcément passé."

 


(Bibliographie : Lumière de soufre de Georges Arnaud. René Julliard, 1952).

 

(Écrit par Améthyste)

 

 

vincent van gogh,peintre,autoportrait de vincent van gogh,l'église d'auvers-sur-oise,portrait du docteur gachet

 

 "Portrait du Dr Gachet" (1890) (première version) de Vincent Van Gogh.

                                                      (Collection privée)

 

vincent van gogh,peintre,autoportrait de vincent van gogh,l'église d'auvers-sur-oise,portrait du docteur gachet


 

                     "L'Église d'Auvers-sur-Oise" (1890) de Van Gogh.

                                                    (Musée d'Orsay, Paris)

 

 

vincent van gogh,peintre,autoportrait de vincent van gogh,l'église d'auvers-sur-oise,portrait du docteur gachet


                               "Autoportrait" de Vincent Van Gogh.

                                                        (Musée d'Orsay, Paris)

 

"LES OLIVIERS" DE VAN GOGH

 

Des oliviers brûlés par le soleil, troncs tordus sous le mistral, s'extirpent d'un sol en harmonie avec les couleurs des nuages semblables à d'étranges soleils, les mêmes soleils qui embrasent toujours si intensément le cœur de Vincent Van Gogh. Vincent qui peint pour ne pas mourir, Vincent qui meurt de vivre...

 

"L'olivier, arbre de paix. Pas la paix du tombeau comme le cyprès, mais la paix qui nous permet de vivre avec les autres hommes... Voilà un cheminement qui se vit, qui se peint. Sans doute, Vincent a représenté aussi d'autres arbres : pins du jardin de Saint-Paul, platanes et ormes de Saint-Rémy... Mais cyprès et oliviers sont travaillés, eux, par séries, par "saisons". Ce sont les totems de Vincent incarcéré. Entre eux il y a un mouvement alternatif. Tantôt les cyprès comme retraite loin des hommes : quand il est cyprès, il vit au ralenti dans le monde des morts. Tantôt l'olivier comme retour vers la vie, acceptation des règles communes. Quand il est du côté des oliviers, il tourne ses forces vers le dehors." (Roland Pécout).

 

"Toute la surface du tableau est emplie d'un unique mouvement. Le même trait onduleux du pinceau donne forme au sol, aux arbres et au ciel et confère à l'œuvre son unité. Les trois teintes principales, ocre, verte et bleu, sont douces, réservées et affaiblissent les contrastes de couleurs. Les fortes lignes des branches se retrouvent dans les modèles d'arabesques de la surface du ciel plus adoucie, [...] tout est en harmonie. Cet équilibre de tons chauds et froids crée une note de calme ainsi qu'une atmosphère irréelle." (Ingo F. Walther).

 

(Bibliographie : . Itinéraire de Van Gogh en Provence de Roland Pécout. Les Éditions de Paris, 1994).

. Van Gogh d'Ingo F. Walther (édition originale : Benedikt Taschen, 1987. Traduction française : Catherine Jumel).

 

(Écrit par Améthyste)

 

van_gogh_oliviers.jpg

 

"Les Oliviers" (1889) de Vincent Van Gogh

(Museum of Modern Art, New York)

 

"EFFET DE NEIGE A ARLES" DE VAN GOGH

Vincent Van Gogh a vingt-cinq ans lorsqu'il arrive dans le Borinage wallon, l'enfer des terrils, pour accomplir un semestre d'évangélisation qui lui a été accordé grâce à son père pasteur. Il plonge au fond de la souffrance, celle des autres et aussi la sienne... Saint ou fou, qui peut déjà le dire ? Il donne ses vêtements, soigne les mineurs blessés, vit de pain sec et d'eau afin de nourrir les animaux errants.

 

Dans l'âme si cruellement déchirée de Vincent Van Gogh couve une lueur, une étoile : "le sentiment esthétique, le salut par l'art". Cette étoile deviendra un soleil lancinant, un soleil dévorant, celui de la Crau d'Arles. À vingt-sept ans, il commence son apprentissage de peintre, puis il s'acharnera au travail jusqu'à sa mort, dix ans plus tard.

 

Au premier plan d'"Effet de neige à Arles", un champ disparaît sous une couche de neige étincelante, des arbres aux branches dépouillées semblent adresser une incantation à un ciel d'une intense pureté. La neige s'étend presque jusqu'à l'infini, une neige d'un blanc bleuté, telle une mer azurée dont l'écume, lentement, prendrait possession.

 

(Bibliographie : Itinéraire de Van Gogh en Provence de Roland Pécout (Les Éditions de Paris, 1944).

 

Un extrait de : "En Arles" de Paul-Jean Toulet me paraît être le bienvenu pour accompagner ce tableau :

 

"Lorsque tu sens battre sans cause

Ton cœur trop lourd ;

Et que se taisent les colombes ;

Parle tout bas, si c'est d'amour,

Au bord des tombes."

 

van_gog_neige_arles.jpg

 

                    "Effet de neige à Arles" de Vincent Van Gogh.

                               (Collection privée, Londres)


12/10/2012

"APOLLON VAINQUEUR DU SERPENT..." DE DELACROIX

"Apollon vainqueur du serpent Python" de Delacroix

  

 

Quand Eugène Delacroix apprend que la tâche grandiose de terminer le décor de la voûte dans la Galerie d'Apollon, au Louvre, lui est confiée, rapidement il conçoit le projet d'"Apollon vainqueur du serpent Python". Cette œuvre (1850-1851) ornera le plafond du centre.

 

 


Apollon, surgi du cœur d'un embrasement solaire, debout dans son char entraîné par quatre chevaux emballés, décoche ses flèches vers le serpent Python agonisant dans les ténèbres et les eaux du Déluge. Le serpent, se tordant furieusement en replis gigantesques, entouré de monstres et des cadavres de ses victimes, crache une épaisse fumée noire.

 


À l'opposé, parmi les déesses et les dieux, dont Vénus, Minerve, Mercure, Hercule, certains observent le combat tandis que d'autres se précipitent vers Apollon. Au-dessus du char d'Apollon et d'un halo de feu, la Victoire semble planer dans un ciel embrasé aux côtés de la messagère des dieux, Iris, qui déploie une écharpe pourpre.

 


Baudelaire témoigne ainsi du travail acharné de Delacroix pour achever ses fresques :
"Dans les dernières années de sa vie, tout ce que l'on appelle plaisir en avait disparu ; un seul, âpre, exigeant, terrible, les ayant tous remplacés, le travail, qui alors n'était plus seulement une passion, mais aurait pu s'appeler une fureur."

 

(Écrit par Améthyste)

 

 

eugène delacroix,apollon vainqueur du serpent python,galerie d'apollon au louvre,char et quatre chevaux,déesses,dieux,victoire,iris

 

 

"Apollon vainqueur du serpent Python" (1850-1851)  d'Eugène Delacroix.

 

(Description : Français : Palais du Louvre - Galerie d'Apollon -

Eugène Delacroix : "Apollon terrassant le serpent Python"

Date : 6 avril 2012 - Source : Travail personnel - Auteur : MOSSOT).