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16/03/2013

HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC

Toulouse-Lautrec (1864-1901)



Infirme dès l'âge de quatorze ans suite à une maladie osseuse et à deux chutes accompagnées de fractures, ce peintre et lithographe français tentera avec une énergie farouche de dominer un tragique destin.



Il cherche ses modèles à Montmartre, dans les cabarets, les maisons closes, au cirque et aux courses. Il est influencé par Degas, par l'impressionnisme et les estampes japonaises mais son œuvre reste unique grâce à la qualité de son dessin incisif, fulgurant. Toulouse-Lautrec, rénovateur de l'art de la lithographie, est aussi reconnu comme l'un des pères de l'affiche moderne. Parfois, il se détend... avec originalité :



"Lautrec venait de dépasser la trentaine. Il poursuivait sa course folle, haletante. Ses seuls moments de détente se plaçaient durant l'été, quand il allait "se radouber" - comme il disait - sur les plages du bassin d'Arcachon. On l'y voyait marcher en se dandinant, suivi d'un cormoran qu'il tenait en laisse et auquel il faisait servir des absinthes dans les cafés. Vacances qui eussent été à peu près sages si Lautrec ne fut allé "se retremper en famille" à Bordeaux dans les maisons hospitalières de la rue de Pessac..." (Henri Perruchot). 

 

Les dernières années de celui qui se dit "un suicidé moral" sont extrêmement douloureuses. Il boit énormément. À trente-cinq ans, terrassé par une crise de delirium tremens, il est interné pendant trois mois dans un asile de Neuilly. En 1901, la paralysie gagne peu à peu tout son corps. Il ne peut plus peindre ni marcher. Il ne se nourrit plus et attend la mort.



"La vie de Toulouse-Lautrec fut aussi courte que celle de Van Gogh. Le peintre du Moulin Rouge mourut, comme le peintre des tournesols, à trente-sept ans , âge qui semble fatidique pour nombre de grands artistes; c'est également à trente-sept ans que disparurent Raphaël et Watteau.


Vie courte, vie fiévreuse que celle de Toulouse-Lautrec; vie magnifique et misérable, illuminée des sombres feux du malheur et de ceux, éclatants, du génie. Du malheur, oui ! car ce fut aussi, et cela on le sait moins, une vie marquée par le désespoir."

(Henri Perruchot).



(Bibliographie : Toulouse-Lautrec par Gérard Bauër, de l'académie Goncourt, Pierre Mac Orlan, de l'académie Goncourt, Jean Adhémar, Paul Colin, Jean-Gabriel Domergue, Mme G. Dortu, Édouard Julien, Henri Perruchot, Maurice Rheims, Claude Roger-Marx - Librairie Hachette et Société d'Études et de Publications Économiques, 1962).

 

(Écrit par Améthyste) 

 

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                "Jane Avril sortant du Moulin Rouge" (1892) par Toulouse-Lautrec.

              

09/03/2013

JAMES ENSOR

Peintre et graveur belge, James Ensor (1860-1949), est un autodidacte. "Nous savons qu'il lit et relit Balzac et Poe, qu'il affectionne Rabelais et Don Quichotte - un personnage fait pour lui plaire."


"Il n'avait rien de classique, de rationaliste non plus, celui qui se disait "peintre des masques de la mer", mais il possédait le goût de l'étrange, une vision personnelle et la volonté de créer un art nouveau. Paul Fierens voit juste lorsqu'il définit l'œuvre qui en est résultée : "Un monde allégé où la matière est transcendée, où la couleur s'est faite esprit, où la poésie jaillit de partout, du quotidien comme de l'insolite." (Jacques Janssens).


Dans l'œuvre d'une diversité exceptionnelle de James Ensor se mêlent cocasserie et anxiété. Masques grimaçants et squelettes foisonnent dans ses toiles. Les paysages, d'une facture subtile, baignent dans une atmosphère angoissante, tourmentée.



Artiste incompris et solitaire, il lui fallut près de quarante ans de labeur pour parvenir enfin à la gloire et son rôle de précurseur ne sera pleinement reconnu que vers 1920.

 

(Bibliographie : James Ensor de Jacques Janssens (Flammarion, 1978).

 

(Écrit par Améthyste)

 

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                         "Autoportrait aux masques" (1899) de James Ensor.

16:46 Publié dans Peinture | Lien permanent | Commentaires (4)

22/02/2013

"CONSTRUCTION DU PONT DU DIABLE" DE K. BLECHEN

Karl Blechen (1798-1840), peintre allemand, fut pendant plusieurs années caissier dans une banque. Puis il décida de s'inscrire à l'Académie de Berlin. Deux peintres, Johann Christian Clausen Dahl et Caspar David Friedrich, l'aidèrent à se découvrir dans cette voie artistique dont il rêvait.


"Sans relâche, Blechen s'efforçait de pénétrer dans l'essence même de la nature. Le tragique de son existence de peintre fut bien cette recherche vers une profondeur toujours plus grande du sentiment, de l'émotion et de la simplicité de la nature, s'acharnant ainsi à peindre à contre-courant du goût de son époque."

 

 Le désintérêt du public pour ses toiles le plongea dans un grave état dépressif qui le conduisit à la folie. L'œuvre de ce maître du paysagisme dans le Romantisme allemand ne sera reconnue que par d'autres générations.

 

(Bibliographie : La Peinture Romantique par Horst Koch. Texte français de Pierre Crèvecœur. Berghaus Verlag, 1985).

 

(Écrit par Améthyste) 

 

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      "Construction du Pont du Diable" (vers 1830) de Karl Blechen.

"TEMPETE DE NEIGE SUR MER" DE TURNER

 

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                                    "Tempête de neige sur mer" de William Turner.

"Par son imprécision mouvante, l'image artistique est surtout poésie ; elle se fait alors le truchement des pulsions et des élans, des forces confuses et ardentes que le peintre sent vivre en lui !" (René Huyghe).

 

William Turner (1775-1851), peintre britannique, se dirige très tôt vers le paysage et l'aquarelle. Il réalise de nombreuses études de la campagne anglaise. Puis, il aborde l'huile, influencé par les paysagistes classiques et surtout par Claude Lorrain. Il recherche des effets de lumière de plus en plus audacieux tandis que ses sujets se dématérialisent jusqu'à l'abolition presque intégrale des formes.


(Bibliographie : L'Art et l'Âme de René Huyghe de l'Académie française (Flammarion, 1980).

 

(Écrit par Améthyste)

"LE BARDE" DE JOHN MARTIN

"Le Barde" (1817) de John Martin, peintre et graveur anglais, représente à mes yeux un univers de vertige.

 

Cette œuvre est inspirée d'une ode de Thomas Gray et emprunte son décor au romantisme gothique des écrivains : châteaux hantés, torrents furieux et sommets inaccessibles. L'ode de Gray célèbre les bardes du pays de Galles, qui furent tous exterminés, au XIIIe siècle, par Édouard Ier Plantagenêt.

 



Au premier plan de ce tableau, des chutes d'eau d'une merveilleuse transparence bleutée s'élancent vers le spectateur. À gauche, l'armée anglaise, à cheval, serpente tout au long d'un chemin taillé à flanc de montagne. À droite, debout sur l'un des rocs géants, un barde, le dernier gardien des traditions séculaires du pays de Galles, profère une malédiction, qui se réalisera avec la mort de Charlotte, princesse de Galles et fille unique de George IV. Au loin, des arbres, monstrueusement tordus, et un château cachent le bas du Snowdon, la montagne sacrée des Gallois. Des nuages translucides, teintés du gris des sommets rocheux, s'opposent à la limpidité des chutes d'eau.

 


Vertige face au défilé interminable de cette armée avançant inexorablement, vertige face au barde visionnaire, désormais solitaire, dont les uniques biens sont des poèmes et des chants, mais que la force de la malédiction rend invincible, vertige éprouvé devant ces torrents qui ont peut-être englouti des rivières de sang, vertige face à ce château hanté, à cette montagne au mystère écrasant.

 


"Le Barde", avec la majesté de son décor, participe à la souffrance de l'homme, seul survivant de sa "confrérie", hurlant son désespoir au travers de paroles prophétiques.

 


(Bibliographie : L'Aventure de l'Art au XIXe siècle sous la direction de Jean-Louis Ferrier avec la collaboration de Sophie Monneret, Éditions du Chêne, 1991).

 

(Écrit par Améthyste)


 

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                              "Le Barde" (1817) de John Martin.