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12/10/2012

EUGENE DELACROIX ("AUTOPORTRAIT AU GILET VERT")

J'éprouve une immense admiration pour Eugène Delacroix, peintre romantique.  Son œuvre tout entier est imprégné du terrible duel qu'il mena contre les ardeurs sombres dont sa conscience ressentait douloureusement secousses et remous.

 


Arsène Houssaye, homme de lettres français, dans Confessions, décrivait ainsi Delacroix : "ces yeux profonds défient les rayons du soleil [...] cette bouche est dédaigneuse mais la bonté s'y révèle. Les joues sont sillonnées par les passions de l'art. L'âme se recueille, mais, au moindre choc, elle va éclater comme le tonnerre."

 

 

Les contemporains de Delacroix ont évoqué ses luttes farouches contre le caractère sauvage d'une partie de sa personnalité dont il fut vainqueur grâce à toutes les ressources de son énergie et de sa volonté : "Vie épanouie, aboutie, s'élaguant ici, compensant et sublimant là, elle réussit la conciliation finale qui fera sa richesse et son harmonie."

 


Il émanait de lui "quelque chose du tigre ou du sauvage, et une dignité disciplinée et froide, raffinée dans la grâce la plus aisée." Baudelaire, évoquant ce grand maître, notait : "Un cratère de volcan artistiquement caché par des bouquets de fleurs".

 

 

 

Chez Eugène Delacroix, l'éternelle dualité est à son maximum : lumière et ombre... Il écrit dans son Journal : "Si l'âme n'avait à combattre que le corps ! mais elle a aussi de malins penchants, et il faudrait qu'une partie, la plus mince, mais la plus divine, combattît l'autre sans relâche".

 

Ses tableaux, images de sa vie profonde, retracent les épisodes de ses luttes.

 

(Bibliographie : Dialogue avec le visible de René Huyghe, de l'Académie française. Flammarion, 1955).

 

(Écrit par Améthyste)

  

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              "Autoportrait au gilet vert" (1837) d'Eugène Delacroix.

 

EUGENE DELACROIX, LA LUTTE ENTRE LE BIEN ET LE MAL

 

eugène delacroix,le combat de jacob avec l'ange,romantisme pictural

 

                              "Le Combat de Jacob avec l'Ange" d'Eugène Delacroix
                                              (Fresque Église Saint-Sulpice, Paris). 



 
Eugène Delacroix, peintre français et représentant majeur du romantisme pictural bien que refusant d'en être le chef d'école, fut le précurseur de la peinture moderne. Sa correspondance et son Journal démontrent la clarté de sa pensée. Romantique par l'imagination, il éprouvait "cette nécessité d'avoir la fièvre".


"C'est en effet l'âme du créateur que l'œuvre d'art va chercher à atteindre pour la transmettre, la faire éprouver à celle du spectateur. Quand Delacroix voit dans l'œuvre d'art une sorte de "pont jeté entre les âmes" et précise : "La source principale de l'intérêt vient de l'âme, et elle va à l'âme du spectateur d'une manière irrésistible", il annonce les expressions de Baudelaire qui, pour décrire en 1855 La Chasse aux lions du grand romantique, notait : "Jamais couleurs plus belles, plus intenses ne pénétrèrent jusqu'à l'âme par le canal des yeux." De l'âme à l'âme par le canal des yeux, voilà jetées les lignes générales d'une esthétique..." (René Huyghe).


Bibliographie : L'Art et l'Âme de René Huyghe de l'Académie française (Flammarion, 1980).

 

(Écrit par Améthyste)

 

05/10/2012

"LA PIE" DE CLAUDE MONET

Voici un paysage hivernal, empreint d'une quiétude infinie, d'une douceur magique, où la pie est le seul être animé.

 



Ce tableau comporte une gamme de couleurs réduite. Claude Monet joue sur la diversité des blancs en ajoutant des touches de bleu, de marron et de noir. La neige qui recouvre entièrement le paysage en devient d'une luminosité exceptionnelle.

 



À gauche, sur une sorte d'échelle tronquée, la pie, perchée, semble regarder la barrière en bois qui fait office de muret et sépare le tableau en deux parties : au premier plan un champ de neige, à l'arrière-plan des bâtiments aux larges toitures couvertes d'une neige bleutée sous un ciel d'un blanc teinté de gris-bleu.

 


Ce chef-d'œuvre d'équilibre fut réalisé pendant le dur hiver 1868-1869, lors d'un séjour près d'Étretat, dans le pays de Caux. Claude Monet était alors âgé de vingt-huit ans. "La Pie" fut refusée par le jury du Salon de 1869 : "Trop novateur" !

 

  

(Écrit par Améthyste)


 

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                                "La Pie" de Claude Monet.

  

04/10/2012

"LA PIERRE PHILOSOPHALE" DE VICTOR BRAUNER

Par une nuit de pleine lune, une femme somnambule dont la nudité est sublimée par une clarté presque irréelle, la chevelure tombant comme un voile flou jusqu'au sol, la gorge baignée de ce même éclat lunaire, s'approche à grandes enjambées de la pierre philosophale entourée d'un halo lumineux.



Cette pierre mystérieuse est posée sur un tronc d'arbre aux racines extérieures, entre deux branches dont l'une épouse la cambrure des reins de la femme qui avance à califourchon sur cette étrange liane. La pierre philosophale est gardée par un animal inquiétant, mi-mammifère, mi-oiseau. Œuvre riche en symboles d'un peintre inspiré.


Victor Brauner (1903-1966), peintre roumain, réalisa des œuvres souvent obsédantes. Il vécut à Paris de 1930 à 1935, puis s'installa définitivement en France en 1938. Lié au surréalisme, il a transcrit dans son œuvre une vision mythique inséparable de ses angoisses personnelles. À partir du début des années 1940, sa peinture se fait imagerie hiératique, chargée de symboles ésotériques et érotiques. Il choisira la vie intérieure et elle seule.

 

(Écrit par Améthyste)

 

 

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                      "La Pierre philosophale" de Victor Brauner.

02/10/2012

"LE CHAR D'APOLLON" D'ODILON REDON

Odilon Redon, peintre visionnaire, symboliste, dessinateur et graveur, dut triompher des ténèbres et renoncer à ses "noirs" pour passer peu à peu à la couleur. Quittant les monstres de la nuit, il s'ouvrira à la lumière et à la chaleur du soleil.

 


Parmi plusieurs toiles d'Odilon Redon intitulées "Le Char d'Apollon" (1905-1910), j'en aime particulièrement une qui se trouve dans une collection privée à New York.

 


Au centre du "Char d'Apollon", un quadrige éblouissant s'élève dans le ciel, chevaux élégamment cabrés sur un immense nuage, le cocher et son char se percevant à peine.

 



Des papillons accompagnent cette élévation dans un ciel aux nuances de bleus multiples, de gris, de jaune. Au bas du tableau, dans un étrange abîme, des papillons sont posés sur un énorme serpent.

 

(Écrit par Améthyste)



 

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                       "Le Char d'Apollon" d'Odilon Redon.