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20/04/2013

"UN COIN DE TABLE" DE FANTIN-LATOUR

Henri Fantin-Latour (1836-1904), peintre et lithographe français, réalisa des portraits individuels ou collectifs tels que "l'Atelier des Batignolles" en hommage à Édouard Manet, et "un Coin de table" où l'on voit assis autour de la table, de gauche à droite : Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Léon Valade, Ernest d'Hervilly et Camille Pelletan. Debout : Pierre Elzéar, Émile Blémont et Jean Aicard.


En 1860, Fantin-Latour, âgé de vingt-quatre ans, se spécialisa dans les natures mortes afin de gagner sa vie. Il avait déjà fait deux séjours en Angleterre où ses tableaux de fruits, de fleurs, peints avec une maîtrise exceptionnelle, rencontraient un vif succès alors qu'il était à peine connu en France.


Il réalisa aussi des toiles inspirées par la musique et des allégories de personnages féminins. Mais ce n'est que dans les années 1890, l'opinion française appréciant enfin son œuvre, qu'il put peindre ses natures mortes par plaisir, libéré des contraintes matérielles.

 

(Écrit par Améthyste)

 

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                                       "Un Coin de table" (1872) de Henri Fantin-Latour.

13/04/2013

LE SYMBOLISME DE FERDINAND ROUCHTCHITZ

Voici "Nec mergitur",  où un bateau fantastique, dont la proue ressemble à une gueule écarlate s'entrouvrant pour s'abreuver de vagues monstrueuses qui reflètent les voiles rougeoyantes,  symbolise le "Hollandais volant", le plus célèbre des vaisseaux fantômes, condamné à errer sur les océans pour l'éternité.

 

(Écrit par Améthyste)

 

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  "Nec mergitur" (1904-1905) de Ferdinand Rouchtchitz
       (Musée des Beaux-Arts de Lituanie).

06/04/2013

"LE FOU ERRANT" DE JEROME BOSCH

"Le Fou errant" est l'un des épisodes du triptyque "Le Char de foin" de Jérôme Bosch. Les volets fermés de l'œuvre comportent cet aliéné vagabond.


En réalisant "Le Char de foin" qui date de sa "période de maturité", entre 1485-1490 et le début du XVIe siècle, Jérôme Bosch peint, par la représentation du cortège qui accompagne le char, la marche de l'humanité traversant, jusqu'à sa perte fatale, la folie des délices de la vie terrestre.



"Le Fou errant", un vagabond au visage inquiet, vêtu de loques, sa hotte maintenue sur son dos par une bandoulière lui enserrant le buste, un bâton à la main, va s'engager sur un petit pont.

 

"Son vêtement, sa démarche, le chien qui le menace sont conformes à l'iconographie traditionnelle du "mat", le fou du jeu de tarots. Il figure l'homme traversant le monde sans souci du sort de son âme, dans une inconscience semblable à celle de la folie. Dans ce paysage presque monochrome où seuls les fonds apportent une note bleue, on voit les traces du mal dont il est le théâtre : ossements dépouillés de leur chair par les oiseaux, voleurs détroussant un passant, danseurs s'abandonnant aux rythmes de l'obscène cornemuse, au loin le gibet." (J. Combe).


Ce triptyque a appartenu aux collections du roi d'Espagne Philippe II.

(Bibliographie : Jérôme Bosch. Tisné, éditeur - Amis des Arts, 1963).

 

(Écrit par Améthyste)

 

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                        "Le Fou errant" de Jérôme Bosch (Musée du Prado, Madrid).

 

30/03/2013

GAUGUIN ET LES ECRIVAINS

Madame Rachilde Vallette, l'épouse du fondateur du "Mercure de France", revue littéraire créée en 1889 par Alfred Vallette et des écrivains attachés au symbolisme, était une auteure prolifique dont les ouvrages faisaient scandale. Pour l'illustration de son livre Madame la Mort la commande fut passée à Paul Gauguin. Le peintre réussit à se glisser fort habilement dans l'esthétique symboliste, usant de traits allusifs, de sinuosités inquiétantes, d'atmosphères mystérieuses et troublantes.


Paul Gauguin fréquentait le Café Voltaire à Paris, où il rencontra Jean Moréas, Jules Renard, Verlaine, Henri de Régnier, Maurice Barrès et Paul Fort. Aux "mardis" de Mallarmé, il écoutait André Gide, Paul Valéry, Pierre Louÿs... Le peintre se sentait un peu étouffé dans "ce climat bourgeois [...] si éthéré dans le verbe." 


"André Gide, comme Flaubert quelque temps avant, accomplissait un voyage à travers la Bretagne, à ce rythme de lenteur propice à l'observation, à la véritable découverte du site, au pas du pèlerin, et, passant par le Pouldu, échoua dans l'auberge de Marie-Poupée occupée alors par Gauguin et ses amis.

À l'heure du repas il avait demandé à être servi en leur compagnie. "Ils montrèrent du reste que je ne les gênais guère, c'est-à-dire qu'ils ne se gênèrent point. Ils étaient tous trois pieds nus, débraillés superbement, au verbe sonore. Et, durant tout le dîner, je demeurai pantelant, gobant leurs propos, tourmenté du désir de leur parler, de me faire connaître, de les connaître et de dire à ce grand à l'œil clair que ce motif qu'il chantait à tue-tête, et que les autres reprenaient en chœur, n'était pas de Massenet, comme il le croyait, mais de Bizet. Je retrouvais l'un d'eux plus tard chez Mallarmé : c'était Gauguin"."

 

(Bibliographie : Paul Gauguin par Jean-Jacques Lévêque. ACR Édition, 2003).

 

(Écrit par Améthyste)

 

 

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                                "Madame la Mort" de Paul Gauguin.


23/03/2013

"L'ORAGE"OU "LA CHARRETTE EMBOURBEE" DE FRAGONARD

Jean Honoré Fragonard (1732-1806), peintre et graveur français, fut l'élève de Boucher à Paris. Prix de Rome à vingt ans, il s'imprégna de l'art italien. Il étudia Rembrandt, Hals, Rubens et décora des hôtels particuliers.


Ce virtuose, peintre de l'amour, dont les scènes galantes irradient la joie de vivre, savait aussi peindre avec passion le désordre, la confusion, la peur ainsi qu'il le prouve dans "L'Orage" ou "La Charrette embourbée".


Tandis que la fureur des éléments se déchaîne, bergers et bouviers luttent contre l'orage menaçant. Par touches floconneuses, Fragonard mêle les cieux tourmentés, les nuages sombres annonciateurs d'un évènement effrayant, et les faibles moutons affolés. La bâche qui tente de s'envoler pour échapper au cataclysme proche intensifie ce désordre.


Il me semble entendre les encouragements des hommes à leurs bêtes, les bêlements, les aboiements, les meuglements et, dominant toute cette confusion, les sinistres grondements des cieux en colère, amplifiés par de sauvages bourrasques.

 

(Écrit par Améthyste)

 

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  "L'Orage" ou "La Charrette embourbée" (vers 1759) de Jean Honoré Fragonard.